Sheppard Pepper évoque la nonchalance de la jeunesse

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A seulement 23 ans, Sheppard Pepper fait de la photographie, de la musique et écrit des poèmes. Le jeune artiste est né à New York de parents italiens puis a longtemps vécu en France. Une culture plurielle qui a sans aucun doute façonné son esprit créatif et artistique. « Le voyage a été mon premier apprentissage », confirme-t-il. Sheppard a appris à se sentir chez lui, peu importe où il se trouve, à profiter des moments fugaces qu’il passe entre deux voyages et qu’il photographie.

C’est son grand-père, ancien journaliste de guerre qui lui apprend la photographie. Depuis toujours, l’appareil photo fait partie intégrante de sa vie, qu’il le veuille ou non. « C’était devant moi. J’ai simplement choisi d’en faire quelque chose ». Très vite influencé par les photographes américains Robert Franck, Annie Leibovitz (« qui a déclenché sa féminité »), Bruce Weber, Willy Ronis ou encore Robert Mapplethorpe, Sheppard s’est créé un univers bien à lui, pour aujourd’hui parler de ce qu’il connaît : la jeunesse. Un thème que développe la galerie Basia Embiricos qui expose en ce moment Sheppard Pepper.

Des photos simples qui en disent long sur un quotidien atypique. On voit quelque part les influences de Bruce Davidson, Larry Clark ou encore de la photographe française Claudine Doury. Ces trois photographes ont en effet dédié leurs travaux à un angle précis de la jeunesse : sa violence, pour Bruce Davidson (lire : Bruce Davidson, porte parole d’une vie mortifère à Brooklyn) ou Larry Clark (lire aussi : Larry Clark, la dure réalité de la drogue, du sexe et de la violence) ; ou ses infinies possibilités pour Claudine Doury, qui a choisi l’optimisme des rêves qui se créent lors du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Sheppard lui, a choisi la nonchalance de la jeunesse.

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Un des sujets de prédilection de Sheppard, c’est donc le quotidien. Celui qui file entre les mains, difficile à capter et à capturer. Sheppard parle de la fugacité de la vie, de la furtivité des moments passés dans chaque ville. Ses photographies, c’est pour lui la preuve que rien ne dure, que les choses évoluent mais que parfois, la nonchalance s’installe. Mais c’est ce sentiment d’éphémère que le photographe aime étudier dans chacun des domaines artistiques qu’il pratique, créant ainsi des passerelles entre la musique, la photographie ou encore la poésie.

Dans les jardins bucoliques de l’internat où il a étudié dans le nord de l’état de New York, Sheppard se plonge dans la lecture de Baudelaire et celle de Blake, méditant sur la vie et sur ses complexités. Il est tombé amoureux de Rimbaud, « comme beaucoup d’autres avant moi », admet-il, avant de se retrouver dans Byron et son personnage romanesque. Edgar Allan Poe l’intrigue tant il parvient à repousser les limites de son imagination.

Bref, Sheppard semble être un passionné des classiques de littérature anglophone et française. Parfaitement bilingue, il explique que la musique et l’écriture vont de pair. Il parvient à entendre ce qui s’apparente selon lui à une musicalité proche des chanteurs de pop, rock, soul et blues. On ne retrouve que peu de ses genres pourtant, dans le groupe de musique qu’il forme avec son frère Jameson, les Pepper Brothers (relisez ici notre article). Une chose reste sûre, quand Sheppard entreprend quelque chose, il ne le fait certainement pas à moitié. Bien loin de la nonchalance qu’il promeut dans ses photographies.

 

Pauline Guillonneau
Sheppard Pepper, le site.

 

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