Lukasz Wierzbowski[POL]

  • Photographie & Cinéma

Interview

Le 26.06.2018 par Juliette Mantelet

Lukasz Wierzbowski est un jeune photographe polonais à l’univers à la fois étrange et captivant. Nous avions croisé son travail lors du Festival Circulation(s) et ses images à la composition impeccable et à l’atmosphère si intime nous avaient envoûtées. Il était donc logique de lui consacrer une de nos chroniques.

Jouer en double

Lukasz Wierzbowski photographie ses deux nièces, Ania et Magda depuis qu’il a dix ans. Elles sont ses muses préférées. Il les immortalise dans leur vie quotidienne et se fait le témoin de leurs bains, de leurs promenades, de leurs jeux et de leurs étreintes. Ainsi, il élabore une atmosphère très intime autour d’elles, parfois un peu dérangeante, car on ne sait pas vraiment au fond quel lien les unit, amour fraternel, amitié ou passion, les clichés cultivant l’ambiguïté, mais extrêmement captivante.

Ce qui frappe le plus dans les photographies de Lukasz, c’est la composition. Il réalise des images très géométriques ou les formes et les textures se répondent comme par magie. Les motifs d’un tee-shirt, la matière d’un pull, la couleur d’un papier peint, les paires de jeans. Le don de Lukasz est de parvenir à transmettre cette impression de naturel et de spontanéité, comme si tout était pris sur le vif, mais d’obtenir quand même des structures parfaites, tout en parallèles. Son sujet l’aide aussi à créer ses images très symétriques puisqu’il choisit d’immortaliser un duo, souvent en face à face ou main dans la main, comme un double dans un miroir. Un peu comme des jumelles leurs tenues dialoguent et participent à la réussite des images. La série est parfaitement structurée et les images s’enchaînent efficacement. Les couleurs et les vêtements sont un peu rétro et tout concorde à tisser cette atmosphère un peu étrange et séduisante à la fois.

On plonge dans le quotidien de ces deux jeunes filles, on partage leurs moments de tendresse, leur innocence. Ce sont des instants de joie figés et fugaces dont se dégage une certaine simplicité naïve. La lumière est très douce et naturelle, procurant un sentiment d’apaisement comme lors de ces moments d’été, heureux mais éphémères, et créant un halo très confidentiel autour d’elles. Les rayons du soleil tombent sur les visages, comme lorsque le soleil perce à travers les volets. Les paroles de Flavien Berger viennent en tête, « Le soleil dans la maison, c’est joli après la pluie ». C’est magnétique, on ne veut plus quitter ce binôme et l’on veut profiter des instants simples de la vie à leurs côtés.

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