Oh Jude raconte sa photographie surréaliste empreinte de philosophie

Oh Jude photographie TAFMAG interview
Il fait froid. Très froid quand je rencontre Oh Jude sur les berges de Seine. Elle est étonnante. A tout juste 20 ans, entre deux bouchées d’un cupcake qu’elle a longtemps hésité à prendre, la photographe parle de philosophie. « La photo, c’est une aura, une énergie pas palpable mais que tu ressens », explique-t-elle. Parfois, elle se lance dans de longues tirades que l’on n’est pas bien sûrs de suivre et pourtant son intérêt pour tous les sujets qui méritent réflexion est passionnant. Elle a de l’énergie à revendre et n’en perd pas une miette pour constamment mettre des projets à jour. La photographie, dit-elle, est une façon de retranscrire  cette énergie ; celle non palpable qui pourtant s’emmagasine au travers d’un cliché.  Celle que Walter Benjamin décrivait comme «  A strange weave of space in time ; the unique appearance or semblance of distance ». Ce rapprochement autorisé dans la photographie qui permet à un spectateur d’un certain temps d’observer un objet ou une personne photographiée dans un temps passé, annihilant ainsi toute notion de temps qui devraient les séparer. Elle aime réfléchir et a besoin de tout mettre par écrit. Toutes ces pensées brouillonnes qu’elle espère éclaircir un jour où qui du moins l’inspireront. Comme pour la philosophie, « je me pose beaucoup de questions. J’essaye de tout mettre en réflexion », dit-elle à deux doigts de sortir carnet et crayon.
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Oh Jude est née dans une famille d’artistes, entre un père musicien et une mère photographe. Petite, elle se rappelle de nombreuses activités culturelles consacrées aux weekends avec ses parents ; concerts, expos, films… Tout au long de sa jeunesse, la photographe se crée ainsi des références. « Faut croire en tes références », assure-t-elle en promettant que si on se construit bien, « le fil conducteur va se faire tout seul. » Les deux grands artistes qui l’influencent particulièrement sont Duane Michal – photographe américain qui se considère comme un écrivain de la photographie – et Frida Khalo, une peintre qui l’a « toujours rassurée et inspirée ». Il lui suffit de se pencher sur un tableau de cette dernière pour l’apaiser et reprendre un travail de création. Oh Jude décrit son propre univers comme surréaliste. Un univers qui selon elle, laisse place à notre inconscient. Et la manifestation récurrente qui traduit notre inconscient, c’est le rêve. Alors, Oh Jude se plaît à offrir des voyages surréalistes à ses spectateurs en les emportant dans un univers intemporel. Fantasmes, frustrations, errances, désirs, quête du plaisir ; voilà des sujets sur lesquels elle aime se pencher. Entre les études et la photographie, Oh Jude participait au projet du Point G où  le Collectif Artistique de l’Ourcq installé dans un squat du 19ème accueillait artistes et musiciens sur sa scène. L’association s’est malheureusement faite expulsée du squat depuis mais programme une nouvelle ouverture quelque part dans Paris prochainement. Son implication dans le projet se fait naturellement car pour Oh Jude, « c’est important de donner des idées ou de soutenir celles des autres ». Chacun exporte son petit grain d’utopie au sein de l’association.
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Quant à son travail personnel, Oh Jude confie qu’elle se nourrit beaucoup des autres. Elle a besoin d’interactions entre plusieurs medium, de voir vivre des artistes, de s’imprégner de leur travail. Plus tard, elle veut exposer et faire des portraits. Elle adore ses séances de rencontres qu’elle organise chez elle où sa mère a installé un studio. Elle peut parler deux heures et photographier trente minutes. Elle est lucide, elle sait qu’il faudra quelle accepte des commandes pour développer ses projets perso à côté, « une récompense », comme elle dit. La photographie pour Oh Jude, c’est une « une autre fenêtre sur le monde », une mise a distance de nos vie, un autre outil de perception, explique-t-elle. La photographie comme un troisième œil, impartial, distant et proche à la fois. Associée à la philosophie, Oh Jude a trouvé le bon combo pour réfléchir et comprendre. « Je suis dans une espèce d’expérimentation. ». C’est le sujet de sa vie, « comprendre les manifestations, les perceptions », explique-t-elle en terminant son cupcake. Emmitouflée dans un plaid sur les berges de Seine, la jeune photographe cherche partout comment représenter des interrogations mais ne souhaite en aucun cas apporter de réponses.  « J’ai 20 ans, plus j’aurai d’expériences et de maturité, plus ça aura un impact sur ma photo », conclue-t-elle. Pas besoin d’attendre temps de temps, pourtant. Son expérience et sa maturité marquent déjà largement la photographie. Pauline Guillonneau Oh Jude Photographie page d’accueil : Thomas Yves Fliches
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