PORTRAIT // Proksima, projet hybride

Paola, Anoushka et Elodie forment Proksima, projet artistique suisse conjuguant musique électronique, danse et vidéo. Leur album Mon cœur se bat est sorti en avril dernier. Une (très) bonne surprise lausannoise avec en bonus, une collaboration avec l’élégant Dominique A. On a réussi à skyper Paola.

Proksima musique Tafmag

A la genèse du projet, une rencontre. Paola Cardone fait de la musique dans son coin, Anoushka Djurdjevac danse dans son coin. Amies de longue date, elles pratiquent toutes deux leur art respectif pour exprimer ce qu’elles ne peuvent formuler avec des mots. Le dialogue entre les deux disciplines a fini par s’imposer comme une évidence. « Quand je fais de la musique, j’imagine Anoushka danser, confie Paola. La danse illustre cette chose très abstraite qu’est la musique. »

Anoushka et Paola créent noi-siamo.com, site de vidéos d’expression corporelle. Les thématiques sont « engagées ». Des courts métrages de 8 à 20 minutes s’interrogent sur le fonctionnement social et hiérarchique de l’homme et de la femme ainsi que sur le statut de l’être humain face à son environnement, naturel ou urbain. Noi Siamo, c’est d’abord Anoushka, ses questionnements à elle qu’elle va explorer en dansant. Paola incorpore la musique.

Proksima, c’est l’inverse. Les propositions musicales vont à la rencontre de la danse. Projet créé en 2009, le duo est rejoint par Elodie Murtas, vidéaste diplômée des Beaux Arts, section vidéo. Elle explore dans ses films les émotions internes des êtres qu’elle projette dans la réalité, sur écran.

Si les projets Proksima et Noi Siamo sont complémentaires, le premier est plus « poétique » que le second. La musique donne vie à des vidéo-clips dansants. De la musique, naît l’expression corporelle, qui elle appelle l’image.

Paola a découvert le piano à l’âge de 16 ans. « J’utilise le piano pour chercher des mélodies. J’aime l’électro, j’aimes les sons, le contraste entre la machine et l’harmonie, explique la musicienne qui se décrit comme peu bavarde. Je m’exprime à travers la musique. C’est un exutoire, c’est vital. » On retrouve dans la musique de Paola, du Philip Glass, star de la musique minimaliste, du Cocteau Twins, groupe écossais pionnier de la dream-pop et du Thom Yorke, leader de Radiohead. C’est à la fois planant et mélancolique, rythmé et désenchanté.

Une séance de travail proksimesque, comment ça se passe… « Je fais de la musique, Anoushka voit ce qui l’inspire et on discute avec Elodie pour déterminer la mise en scène et la mise en clip », raconte Paola. La musicienne aime les collaborations. Le trio s’est concerté et a envoyé son premier album, Léthé sorti en 2011, à Dominique A. « On aime depuis toujours ce qu’il fait. Pour nous, c’est important de collaborer avec d’autres artistes qui ont d’autres styles. » Dominique A a écouté l’album, a aimé, spécialement  Léthé. Il a écrit et composé ce titre pour le second album. Le travail a pris près d’un an.

Les nanas de Proksima recherchent d’autres collaborations, avec des chanteurs ou même des réalisateurs. « Proksima dans le futur, ce sera peut-être une musique plus épurée. Je ne sais pas », nous dit Paola dont la réflexion reste ininterrompue.

Pour le moment, la scène ne les attire pas. La vidéo est leur support. « On recherche également des réalisateurs de longs métrages qui comme moi, sont au début de quelque chose, pour leur proposer d’habiller leurs films avec ma musique », avoue Paola. Quand on a écouté sa musique, on a pensé à des B.O de films de Gaspar Noé ou David Fincher.

Julie Maury

Crédit photo : Extrait du clip Témoin de Proksima. 

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