MUSIQUE // L’évanescence de Petit Fantôme

Petit fantôme, le nom seul en dit long. À 32 ans, Pierre Loustaunau ne fait désormais plus qu’un avec son double ou son « spectre » comme il l’appelle. Lors d’un entretien en pleine jungle parisienne, Pierre nous raconte son évanescence en fantôme rock-psyché, la veille de la sortie de son album Un Mouvement pour le vent. 

 

 

L’enfance d’un Petit Fantôme

Originaire des Landes, Pierre arrive à Bordeaux à 19 ans où il se familiarise avec le milieu musical en jouant dans des groupes de rock. De ses multiples rencontres nait le collectif Iceberg : une grande bande de copains animés par la même passion. Ensemble, ils montent des groupes de Hip Hop, de Rock Garage, et même une chorale de 13 hommes, Crâne Angels.

C’est dans ce bouillonnement artistique que grandit Petit Fantôme. « J’ai commencé à faire mes morceaux chez moi à 18 ans. Il a fallu que je trouve un nom, ça s’est appelé Petit Fantôme. » Référence à à sa personnalité discrète, toujours en train de « planer » à l’école, un peu en retrait dans la vie. « Ça m’allait bien », confirme-t-il.

 

Petit Fantôme, l’âge de l’adolescence

Il y a plus de dix ans, Pierre rencontre François et rejoint son groupe. Avec Gérard et Amaury, ils forment le quatuor connu sous le nom de François and The Atlas Mountains. En tournée pendant 7 ans, Petit fantôme continue de flotter aux cotés de Pierre. Et essaime des cadeaux sur la route comme sa fameuse mixtape Stave en 2013, publié gratuitement sur internet le jour de son anniversaire. Le basque – qu’on apprend être un étrange mélange entre le finnois et le japonais – revient au son du jour. Le sud se révèle à nouveau à Pierre.

 

 

L’adulescence

En effet, l’appel du Pays se fait entendre. Et Pierre part à Bayonne alors que le reste du groupe reste à Bruxelles. « Avec François, on composait ensemble. Je n’avais pas de frustration. Musicalement c’était parfait. ». Mais Pierre décide tout de même de s’éloigner et de faire une pause musicale. En musique, on appelle ça un silence.

Il se lance alors dans le bâtiment, dans la rénovation plus précisément. « J’ai plus trop fait de musique, puis un moment c’est revenu. Ça a débordé » avoue Pierre.« Je ne vais pas faire du petit Fantôme parce qu’il faut faire du Petit Fantôme. Ça déborde. Il y a des trucs que j’ai envie de chanter, des trucs qui bouillonnent, des trucs débordent quoi. Du coup c’est à l’instinct. Quand j’ai un peu de temps, je le fais ». Et le temps, Pierre le prend maintenant, avec un album de sortie ce vendredi 6 octobre.

 

L’album de la maturité

« L’album est encore un peu expérimental » avoue Pierre. « Avant, j’étais vraiment mauvais. Mes premières chansons, je ne savais pas les rejouer ! » dit-il en riant. « Il y a même un morceau dans l’album que je ne saurais pas refaire » Le titre  Ne nous lâchons plus, par exemple, est un morceau complètement improvisé. Musique expérimentale qui navigue à coups de hasards chanceux.

La nébuleuse dans laquelle évolue Pierre et son spectre se reflète dans la lenteur et l’apesanteur qui définissent son prochain album Un Mouvement pour le vent (sortie prévue demain). On y retrouve son retour au Pays basque, sa volonté de prendre une vie plus propice au travail, un peu plus lente. Calé entre l’océan et la montagne, Petit fantôme a le temps de vivre et de se comprendre.

 

Pour de la Pop-Rock-Psyché

Héritage de son expérience en Grande Bretagne, l’admiration pour la pop anglaise ou écossaise se retrouve dans l’ambiance planante de ses musiques. On appellerait ça « de la pop instinctive » ou de la « pop-rock ». Pierre définit sa musique comme « Transversale », influencée par plein de genres différents : de la House de Détroit, en passant par du grindcore de New York pour terminer sur une note Claude François. « Tant qu’il y a quelque chose qui fait sens », la musique l’influence et le façonne.

Et à « pop-rock », on accrocherait facilement l’adjectif « psychédélique ». Petit point étymologique que Pierre nous rappelle volontiers : ce terme, né dans les années 70 (riche période de découverte des drogues en tout genre), est construit sur les mots grecs Psykhế : l’âme et délo : montrer, ce qui veut dire littéralement « Je montre l’âme ». Pierre met son âme à nu quand il chante, comme lors de ce short talk parisien avec TAFMAG. Petit Fantôme serait né du désir violent de l’âme de s’exprimer, passant outre les objections de la raison. En d’autres mots, L’unité de Pierre (corps et âme) donne en musique Petit Fantôme.

 

Pour l’entendre en live et découvrir les nouveautés promises dans l’album, on se retrouve ce soir pour les chanceux au Point éphémère ou au café pompier de Bordeaux le 31 octobre dans vos plus beaux déguisements d’Halloween pour la release party de Un Mouvement pour le vent. Ouhouuuuu, devinez qui se cachera sous le drap blanc ?

 

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Romane Ricard

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