MUSIQUE // JULIEN GRANEL, LA NOUVELLE STAR DE L’ELECTRO-POP

Julien Granel prenait les manettes de la playlist du mercredi, voilà quelques semaines et nous servait un cocktail rafraichissant, condensé de ses derniers coups de cœur et des pépites de la jeune scène musicale internationale. À l’occasion de son live au Pop-Up du Label, on a rendu visite à l’artiste… dans sa baignoire. 


 

  • DES TEXTES À DOUBLE SENS

Sa musique, qu’il qualifie d’éclectique, est un savant mélange de pop, de sonorités électroniques et de textes à double sens. Parfois à la limite du rap, ses morceaux sont le juste reflet de ses influences allant de Sébastien Tellier, Damso à Daft Punk. Que du bon.

Musicien confirmé, le jeune landais formé au conservatoire se lance dans la composition dès son plus jeune âge, à l’aide d’un vieil ordinateur et « d’un synthé tout pourri ». Petit à petit, il apprivoise sa voix devenant alors une arme à même d’élever ses différentes propositions. À force de pratique et de coups de poker, Julien Granel est parvenu à sortir sa musique des quatre murs de sa chambre et à la défendre sur scène. Installé dans la demie-baigoire qui orne les loges du Pop Up du Label, l’artiste s’est prêté au jeu du question-réponse en toute innocence.

 

 

 

 

 

RENCONTRE AVEC JULIEN GRANEL

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Propos recueillis par Marie Durantet

 

 

© Jules Fort

 

 

TU NOUS AS CONCOCTÉ LA PLAYLIST DU MERCREDI [À RÉÉCOUTER ICI] IL Y A 2 SEMAINES : MYD, LEWIS OFMAN, LOMEPAL, PARADIS, THE XX, THE BLAZE OU ANGÈLE AVEC QUI J’AI CRU COMPRENDRE QUE TU AVAIS DÉJÀ JOUÉ ?

Ouais, on a fait une date sauvage dans un appart chez un pote en commun à Bordeaux pour 30/50 personnes avant qu’elle sorte ses titres. C’était trop cool, j’avais rien sorti, et c’était hyper marrant de se retrouver là à jouer un peu à l’arrache.

 


« JE FAIS UNE MUSIQUE

ASSEZ GRAPHIQUE ET SOLAIRE »


 

 

C’EST UNE PLAYLIST FRAÎCHE, SOLAIRE,TRÈS ACTUELLE AVEC QUELQUES SONS GROOVY. DE QUOI T’ES TU INSPIRÉ ? CE SONT TES INFLUENCES DU MOMENT OU UNE CARTOGRAPHIE DE CE QUI SE FAIT DE MIEUX EN CE MOMENT ?

C’est un mélange d’influences comme Sébastien Tellier, qui est un classique pour moi. Et de mémoire, il y a des coups de cœur, des projets que je trouve très intéressants, de vraies propositions apportant de la fraicheur et un truc décomplexé qui fait évoluer la musique. Ce sont des projets prometteurs.

 

ET MAINTENANT PARLONS DE TOI, D’OÙ VIENS-TU ?

Je viens d’un petit village des Landes. J’ai commencé la musique tout petit ; j’ai fait le conservatoire pendant de nombreuses années en piano classique et plus tard j’ai acheté un synthé. Je me suis mis à faire de la musique plus électronique et à créer mes petits morceaux dans ma chambre.

 

TU AS EU D’AUTRES PROJETS AVANT CELUI-CI ?

J’ai commencé par faire des concerts avec mes potes, un batteur, un guitariste et un bassiste sur scène. Et par la suite j’ai fait de nouveaux titres plus électroniques. Du coup, je me suis mis à jouer tout seul.

 

QUEL EST TON PREMIER SOUVENIR MUSICAL ?

J’en ai deux. Mon premier gros coup de cœur a été l’album « Life in Cartoon Motion » de Mika qui selon moi a cassé plein de codes dans la pop. Et il y a eu le moment où j’ai découvert la musique électronique avec le premier album « Homework » des Daft Punk et surtout, toutes les compilations d’Ed Banger. Quand cet univers est arrivé dans ma vie, ça m’a fait péter un plomb (rires).

 

 

TU ES PARFOIS À LA LIMITE DU RAP, C’EST CE VERS QUOI TU AIMERAIS TENDRE ?

Dans mes nouveaux morceaux, il y a des influences assez marquées hip-hop. Après avoir découvert l’électro, je me suis intéressé à la musique française, Etienne Daho, Alain Bashung. Je trouvais qu’il y avait une vraie modernité dans leurs textes. Récemment, je me suis mis au rap en remarquant qu’il se passait quelque chose d’hyper exaltant. J’écoute énormément de rap en ce moment, toute cette vague de mecs, Romeo Elvis, Lomepal, Damso, Caballero, … À moitié belges, à moitié français. Moi qui avait découvert le hip-hop avec Hocus Pocus et toute cette école là, ça m’a permis de me replonger dedans. Il y a une vraie force dans leurs textes qui m’inspirent.

 

TU CHANTES EN FRANÇAIS. ÇA A TOUJOURS ÉTÉ TON CHOIX ?

De base, j’ai toujours trouvé qu’il y avait un truc cool à chanter en français. En plus, vu mon niveau d’anglais il valait mieux chanter en français (rires). Je voulais rester sur une langue que je maitrise et j’ai toujours été touché par les textes en français.

 

TU ÉCRIS DEPUIS LONGTEMPS ?

J’ai fait mes premières maquettes quand j’avais 10 -11 ans, avec un vieil ordi, un vieux logiciel. J’assemblais les pistes une par une et avec un synthé tout pourri je mettais une batterie, une basse, un synthé, et au final je me suis dit : « J’aimerais bien qu’il y ait une voix qui fasse ça ». Un peu par défaut, j’ai commencé à le faire moi-même.

 

PARLE-NOUS DE TA FORMATION EN LIVE. QU’EST-CE QUE TU AS COMME MATOS SUR SCÈNE ?

J’ai un OB-6, un synthé créé en collaboration entre Oberheim et Dave Smith. Je suis un gros fan de synthés analogiques. C’est ce qui donne une chaleur au son. J’ai aussi un Ableton-push où j’ai des séquences où chaque petite partie de ma musique est séparée en plusieurs pistes. Je me sens libre d’improviser en live grâce à ça et c’est un truc que je souhaite garder. Par exemple ce soir, si dans un élan d’euphorie je pète les plombs, je pourrais me mettre à rajouter des trucs qui ne sont pas là au départ (rires). Je travaille en studio avec Bastien Doremus qui a un projet qui s’appelle Toys. Il a monté le live de Christine and The Queen, de Juliette Armanet et il joue avec Charlotte Gainsbourg. C’est avec lui que j’ai construit et cleané les prods qui sortaient de ma chambre.

 

 

« TANT QUE LE SOLEIL BRILLE », TON PREMIER ET SEUL TITRE SORTI, EST UN MORCEAU POÉTIQUE, CALME. POURTANT J’AI VU QUELQUES VIDÉOS DE TOI EN LIVE ET C’EST SUPER ÉNERGIQUE. QUE PRÉPARES-TU COMME PROCHAINE SORTIE ?

Le premier titre « Tant que le soleil brille » est un titre assez doux, solaire et planant. Dans ceux qui arrivent, il y a des morceaux plus corsés, qui tirent sur mes influences house, acid et techno. C’est assez éclectique, c’est vraiment un mix de tout ce qui a pu me construire musicalement. Du coup le live, c’est le meilleur endroit pour découvrir tout ça.

 

COMMENT DÉCRIRAIS-TU TON UNIVERS MUSICAL EN QUELQUES MOTS?

Une musique à la fois éclectique, pop si on doit résumer. Quelque chose à la fois de planant et dansant. Et des textes à double lecture. Je fais une musique assez graphique et solaire (rires).

 

JE LE TROUVE AUSSI TRÈS CINÉMATOGRAPHIQUE. AVEC DAHO ON S’IMAGINE PARTIR EN VESPA EN ITALIE. AVEC TOI, PLUTÔT ROULANT EN CABRIOLET, AU COUCHER DU SOLEIL, LE LONG D’UNE PLAGE DE CALIFORNIE…

C’est hyper cool que tu dises ça car justement quand je fais des morceaux j’aime bien me passer des images. C’est marrant car je me raccroche à la réalité, à ce que je vis et en même temps, il y a tout un côté très fantasmé. Des morceaux comme « Tant que le soleil brille » ou mon titre « Éclipse » parlent de routes qui longent les plages. Et c’est exactement ça. Ça me rappelle quand j’étais dans le le Sud-Ouest de la France, roulant en voiture le long des côtes. J’aime l’évasion, la luminosité. J’ai souvent l’impression que Les Landes, c’est un peu la Californie de France, c’est la West Coast tu vois (rires). Il y a tout un truc à exploiter là-bas. Il se passe plein de choses, c’est tellement cool. Et le cadre est top. J’ai été inspiré par tout ça.

 


 

« C’EST ÇA LA MUSIQUE, TU L’ÉCOUTES ET TU KIFFES »


 

 

DANS LE MILIEU MUSICAL CONTEMPORAIN, À QUI AIMERAIS-TU QUE L’ON TE COMPARE ?

Il y a des gens que j’idolâtre comme Jamie XX qui a défoncé tous les codes de la production et qui est arrivé avec une vraie proposition, quelque chose de très puissant. Et en ce moment, chez les mecs les plus inspirants, il y a Tyler The Creator, sa marque de vêtements, ses clips, ses choix esthétiques, artistiques, sa musique, le groove qu’il apporte à des morceaux qu’il peut faire avec Bootsy Collins, Kali Uchis… Ça me motive tellement quand j’écoute des choses si cools. C’est éclectique, c’est un mélange de plein de choses et en même temps quand on écoute ça coule tout seul, on ne se pose pas de question. C’est ça la musique, tu l’écoutes et tu kiffes. Il y a quelque chose de porteur dans cette vague d’artistes qui vont vraiment loin.

 

POUR FINIR, QUELLES SONT TES ACTUS ?

Un titre va arriver prochainement, qui fait justement partie de ceux qui bougent en live. J’aime prendre les choses naturellement et j’attends de voir l’accueil de ce deuxième titre. Grâce au premier, j’ai rencontré plein d’artistes. Ça pourrait peut-être déboucher sur des collaborations. En tous cas, plusieurs morceaux sont prêts, il y aura des dates et des freestyles pop sur mon compte Instagram.

 

 

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About The Author: Aphélandra Siassia