MUSIQUE // « BONJOUR, JE M’APPELLE CLAIRE LAFFUT, J’AI 23 ANS »

Moins connue qu’Angèle, sa consœur musicale belge mais elle aussi amie fidèle de Charlotte Abramow qui l’a fait connaître sur les réseaux sociaux, Claire Laffut nous a intriguées par son clip rétro, son allure Nouvelle Vague tout droit sortie d’un film de Truffaut et sa diction à la Sophie Marceau. Rencontre en plein Pigalle.


 


 

Claire & les garçons

« Je m’appelle Claire Laffut, j’ai 23 ans », c’est ainsi que commence le premier clip de la chanteuse et c’est à peu près sur ces mots que s’ouvre aussi notre interview.

Si Claire a un peu une âme de féministe revendiquant une libération de la parole chez les femmes et souhaitant « que chaque fille s’assume physiquement comme elle est et fasse ce dont elle a envie », elle accorde néanmoins une grande place aux hommes dans sa vie. « On dit souvent qu’il y a une femme derrière un homme, mais moi je pense qu’il y a des hommes aussi », nous dit-elle avec son sourire rieur quand on aborde la question.

En effet, Claire a quitté son petit village natal du Brabant Wallon pour s’installer à Bruxelles en suivant son premier copain. Aujourd’hui, elle se met à la musique entraînée par son nouvel amour, le musicien Dylan Ezekiel Nelson.

« C’est vrai, dans mes histoires d’amour je suis très fusionnelle », confie-t-elle avant d’ajouter en riant : « Quand je suis en couple je crois que je n’ai pas beaucoup d’amis. Mon meilleur ami c’est mon mec ».

 


« C’est vrai, dans mes histoires d’amour je suis très fusionnelle »


 

Paris-Bruxelles

Sous son gros sweat jaune qu’elle arbore ce jour-là et dont elle garde la capuche même à l’intérieur, Claire cache une vraie sensibilité et une certaine fragilité. Notamment quand on évoque son départ de Belgique ou sa carrière dans le mannequinat qu’elle a très mal vécue, quand elle s’est vu dire à 17 ans, « il faudrait que tu perdes du poids ».

Et si la chanteuse est très fusionnelle avec ses amoureux, sa famille a aussi une grande importance pour elle. Une de ses chansons, « Gare du Nord », est d’ailleurs dédiée à sa petite sœur de 15 ans, turbulente, à qui elle s’adresse en musique. Parce que dans une chanson, c’est plus « joliment dit ».

Elle raconte aussi son départ de Belgique il y a quatre ans, pas forcément évident. « J’étais très jeune et ce n’était pas facile de quitter mon copain, ma famille et mes repères » avoue-t-elle mais c’est le besoin de penser à elle avant tout et de construire sa vie qui l’a poussée.

Ce jour-là, elle est partie à l’aventure pour Paris, en quittant son village « un peu chelou entre les fermes et les usines ». Elle a pris « un vieil autobus avec un ticket à 15 € ». C’est ce départ qu’elle raconte dans son premier titre « Vérité ». La jeune fille veut aussi transmettre un message simple dans cette chanson : « Il ne faut pas se mentir à soi-même. S’il y a vraiment un truc que tu veux réaliser il faut y aller ». Foncer donc, comme elle, pour trouver sa vérité. C’est le mot d’ordre.

 


« Il ne faut pas se mentir à soi-même. S’il y a vraiment un truc que tu veux réaliser il faut y aller ».


 

Même si elle a « fui » la Belgique, Claire est encore très attachée au plat pays et raconte qu’elle avait très peur que son pays natal l’ait oubliée. Mais il n’en est rien. « Ils me soutiennent énormément et ça fait trop plaisir. C’est un peu comme quand tu fais une fugue et qu’après on te dit tout va bien, on t’aime encore » raconte la chanteuse en riant, toujours.

 

Caméléon artistique

Dans ses chansons, le mot d’ordre est la spontanéité. « Je n’ai jamais pris de cours de chant, j’écris comme je parle » revendique-t-elle. Elle qui était fan d’Avril Lavigne quand elle était plus jeune (et même encore aujourd’hui), admire aussi une personnalité comme Sade, avec ses costumes d’homme, sa « voix magnifique » et ses cheveux en arrière. Une chanteuse « qui fait de la vraie musique ». « Tu sens que la musique passe avant la fille qui est jolie et ça j’adore ! ».

La musique, Claire a aussi baigné dedans grâce à son père, fan de brocantes qui écoutait énormément de vinyles, des sons africains à la techno berlinoise en passant par Claude François.

 

 

Quand on demande à Claire ce qui la rend unique et la distingue des autres chanteuses du moment elle réplique immédiatement : « En plus de la musique je peux jouer dans mes clips, je peux faire de l’image, je peux poser, je peux dessiner mes pochettes de single ».

Artiste aux multiples talents donc, Claire a en effet souhaité accompagner chacune de ses chansons d’une peinture très colorée aux grosses figures rondouillardes et abstraites qui nous rappellent la naïveté de Miró ou de Matisse. « Chacune de mes chansons aura une couleur associée et je pense dessiner une peinture pour chaque musique et en faire une exposition ».

« Qu’est-ce que je dois faire ? » s’interroge Claire au début de son clip bien qu’on ne s’inquiète pas trop pour cette touche à tout au sourire mutin. Son envie inavouée ? Dessiner et aménager une maison entière avec ses peintures et ses meubles nous confie-t-elle. La jeune femme semble avoir déjà bien compris cette phrase d’Oscar Wilde : « La sagesse c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue »

 

 

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About The Author: Juliette Mantelet