PORTRAIT // L’Impératrice, majestueuse disco

« Amante d’une disco sans âge. » Voici le descriptif qui en dit long sur le groupe L’Impératrice, signature disco-funk de Cracki Records qui a sorti à la rentrée dernière son deuxième EP, Sonate Pacifique.

L imperatrice musique TAFMAG interview

Amante, « parce qu’il faut bien que l’Impératrice soit l’amante de quelqu’un », dit Charles, le fondateur du groupe qui décrit sa musique comme élégante et chic. Impériale, en somme. Le leader pousse la gueulante contre tous ces groupes qui suivent la mouvance sans apporter de pierre à l’édifice musical actuel. « C’est intéressant de montrer aux gens qu’on sait faire de la musique autrement que sur son ordi », poursuit le leader.

Les membres du groupe sont musiciens de formation. Hagni est violoncelliste et fait du synthé pour le groupe. Tom est à la batterie, Martin à la guitare et David, violoncelliste issu du conservatoire, se prête à la basse pour L’Impératrice. Charles, lui, est journaliste de formation. Il a commencé à faire de la musique de chambre, en pianotant vaguement sur son synthé.

Il propose à l’époque une de ses compos, L’Impératrice, à Cracki Records qui lui demande rapidement de faire trois autres titres.

Dans l’optique de faire ce premier EP, Charles se lance à la recherche de musiciens. Il rencontre le reste de l’équipe pour étoffer ses compositions. Ensemble, ils posent leurs riffs sur les compos funk originales de Charles. Mais toujours pas de voix car pour l’Impératrice, quand on écoute un morceau, on se concentre bien trop souvent sur le chant, pas assez sur l’instrumental : « Je trouve ça intéressant de montrer une belle ligne de basse, un super riff de batterie, des partie de guitares cools et une belle mélodie, explique Charles. Ça pousse les gens à rebondir de pistes en pistes, de parties en parties, plutôt que de se faire guider par une voix qui les omnibule ».

En réalité, c’est souvent plus « vendeur » d’ajouter une voix. Sur les conseils de Cracki, L’Impératrice organise des featurings avec Loïc, le chanteur d’Isaac Delusion pour le titre Sonate Pacifique. Jésabel du duo Hijacked a également posé sa voix, tout comme le rappeur Mike Larry du collectif parisien Hopstacle sur le titre éponyme, L’Impératrice.

Les grands compositeurs de musiques de films contemporains tels que François de Roubaix, Vladimir Kosma ou encore Michel Legrand inspirent énormément le groupe. L’Impératrice rend d’ailleurs hommage à de Roubaix, mort en 1975 dans un accident de plongée, avec le titre Nauffrage en Adriatique. On retrouve ainsi derrière l’Impératrice, l’idée d’associer musique et images, comme une musique de film qui parlerait d’elle-même. Etonnamment, on n’entend à aucun moment parler de Daft Punk comme référence. Pourtant la musique de l’Impératrice fait grandement écho à celle du duo de la French Touch.

L’Impératrice a trouvé sa voix royale : Mettre en scène une musique spatiale et disco mais pas trop pop, sans respecter les codes habituels de la composition : de longs titres sans voix dans lesquels on prend le temps de s’immerger. Et on prend le temps d’écouter.

Pauline Guillonneau
Crédit photo : Aurore Lucas

 

L’Impératrice sera en live le 20 décembre aux côtés de Roscius et Bloum, lors de la soirée TAFMAG & Animal Records au Point Ephémère. Tickets en vente par ici.

L’Impératrice sur Soundcloud.

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Comments

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  • Nils Savoye

    Très chouette article. J’ai galéré pour découvrir qui se cachait derrière L’Impératrice et ils ont finalement accédé à un article que j’avais fait sur eux. A croire que ce serait une forme de secte qu’on ne peut pas contacter mais qui elle nous contacte. Si jamais t’as un peu plus de matière j’aimerais bien y avoir accès, je dois les voir jeudi mais ce serait cool d’avoir un peu plus d’infos sur la bête. Je laisse mon mail et ma page pour qu’on se contacte. Je ne connaissais pas votre magazine, bien sympa par ailleurs. Nils

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  • Caty Malafosse

    Merci pour les renseignements. Je viens d’écouter L’Impératruce sur NOVA et cela m’a permis de mieux connaître ce groupe que je ne connaissais pas

  • Pauline Guillonneau

    Avec grand plaisir Caty ! A bientôt pour de nouvelles découvertes 🙂

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