PORTRAIT // ‘Le Boss de Boulogne’ : drogue, meurtres et prostituées

Le Boss de Boulogne est un dealer dont la bande règne sur le bois de Boulogne, fournissant shit et drogues dures aux prostituées, travs, accrocs et autres exhibs. Le business fait florès jusqu’au jour où Paola, trans brésilien, se fait sauvagement assassiner. La police rôde, c’est mauvais pour les affaires et d’autres meurtres ont lieu.

boulogne-tafmag

Publié en janvier 2014 aux Editions Don Quichotte et encensé par la presse BCBG intello, Le Boss de Boulogne est un roman noir trash écrit en argot nourri de verlan, rebeu, gitan. Le rythme est implacable. Il s’agit du premier roman de Johann Zarca, 30 ans, ex habitué du bois.

Autodidacte, Johann a toujours écrit. Il se rend pour la première fois au bois de Boulogne à 17 ans. Il y traîne de temps en temps,  avant d’y passer tout un été, à 21 ans, à fumer et à sniffer. Il est illico fasciné par le bois, sa cartographie, ses codes et son ambiance. « C’était mon époque MDMA, je voyais le bois comme une dimension parallèle, comme un rêve. J’étais halluciné par ce lieu, » se rappelle-t-il.

A l’époque, Johann vit chez papa, médecin, maman, mère au foyer, dans un pavillon chic du Val-de-Marne. Après avoir eu son bac du troisième coup, il s’inscrit en école de journalisme, où il s’ennuie ferme. Son truc à lui, c’est de raconter des histoires. C’est à ce moment, à 24 ans, qu’il décide d’écrire des romans. Il s’attèle à l’écriture du Boss de Boulogne, dans lequel « il y a 80% de vrai », assure-t-il. Du trav qui propose des pipes gratuites aux passants, aux chinois qui tournent dans le bois pour vendre des snacks et des cocas aux prostituées. Les meurtres aussi, sont bien réels. « On m’a déjà dit que ce n’était pas utile à mon histoire mais les meurtriers font partie de la faune du bois », nous informe Johann qui donne dans son roman une définition précise de l’endroit : « Le bois de Boubou. La cour des vices. Le deuxième Brésil. Le terre-terre des chlagues. Le coupe-gorge aussi. Glauque. Hardcore. Trash. Tout le monde connaît le bois de Boulogne ou en a déjà entendu parler. Sans sa nuit, le Bois n’est rien. Sans sa nuit, on n’en parlerait pas. Vite fait du jardin d’Acclimatation, et encore. »

Johann connaît la topographie du bois par cœur. De « la rue des prix cassés où des travelos en talons aiguilles bradent leurs passes à 30 euros au corner des Antillaises en passant par le coin des branleurs situé entre l’université Paris Dauphine et l’ambassade de Russie ». Le Boss de Boulogne n’est pas un documentaire sociologique, c’est un roman sombre, de fiction, inspiré de faits réels. « Il n’y a aucun message, je ne cherche pas à donner des leçons aux gens. Je raconte seulement une histoire, dans mon style. »

Johann-Zarca-Boss-Boulogne-Tafmag-1024x682

L’auteur a également écrit Braquo le mec de l’underground, un collector tiré des billets qu’il poste depuis deux ans sur son blog Le mec de l’underground et qu’il vend sous le blouson. « Là pour le coup, c’est parodique. Mes personnages sont des cassos junkies inspirés d’anciens collocs. » Dernier billet posté sur le blog du mec de l’underground : les lecteurs sont invités à participer à une cagnotte leetchi qui vise à lui offrir une poupée humanoïde afin de le soulager car « il ne bouillave pas assez ». 25 euros ont déjà été récoltés.

Johann Zarca a récemment décrit sa vision de la campagne présidentielle de 2017 dans la revue Charles, il travaille actuellement à l’écriture de deux nouveaux romans dont un en collaboration avec le journaliste Geoffrey Le Guilcher et un projet BD est en cours avec le dessinateur Marty Le Rouge pour le Mec de l’underground.

Pour un aperçu chronologique détaillé de l’ascension de Johann Zarca dans le milieu littéraire français, nous te conseillons de lire ce billet.

 

Julie Maury
Crédits photos : Aurore Lucas

 

Extrait du Boss de Boulogne n°1
Extrait n°2
Extrait n°3

 

à propos de l'auteur Julie

commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *