Larry Clark, la dure réalité de la drogue, du sexe et de la violence

J’ai commencé à me shooter aux amphétamines à 16 ans. je me suis shooté tous les jours, pendant trois ans, avec des copains, puis j’ai quitté la ville mais je suis revenu. Une fois que l’aiguille est rentrée, elle ne ressort plus. Larry Clark, Tulsa, 1971

Tulsa, c’est un livre autobiographique qui retrace les années de drogues et de perdition d’une bande de copains née en Oklahoma. Les photos mettent en évidence leur oisiveté dans une vie qui ne convient à l’évidence pas à ce groupe de jeunes que Larry Clark a photographié pendant près de 8 ans.

Larry Clark Billy Mann Tulsa 1963-71 TAFMAG photographie

Né en 1943 à Tulsa, Oklahoma, Larry Clark suit sa mère qui fait du porte à porte pour proposer ses services de photographe pour enfants. Petit à petit, il s’intéresse aux histoires derrières les clichés. En 1962, il retourne à Tulsa après avoir fini ses études de photographie. Clark est captivé par son groupe d’amis qui s’adonnent à la drogue, l’amour et la violence ; cette jeunesse perdue entre la misère et l’ennui du fin fond de l’Amérique. C’est donc presque un reportage qu’il fait en prenant ces « photographies interdites », celles que l’on a pas le droit de faire car témoins d’une vie qui n’est pas censée exister.

Tout en s’abstenant de juger ses amis, Clark les photographie au plus près, sans tabous, en train de se piquer, de se battre ou de faire l’amour comme s’il faisait lui-même parti de la scène. Ce qui est d’autant plus incroyable c’est que l’on imagine que Clark devait être sous les effets des même drogues et pourtant, il garde sa caméra sous le bras, prêt à capturer un moment précis. Et c’est probablement aussi ce qui donne au photographe la crédibilité et l’authenticité de ces clichés volés.

Ses photos, ce serait presque l’ancêtre du portrait. Le portrait que l’on adore tant aujourd’hui parce qu’il parvient à montrer en un cliché seulement, toute l’essence de la personne photographiée. En une photo, Clark capture les peurs de ses modèles et amis, leurs craintes, leurs hontes, leurs espoirs.

Alors que la guerre fait rage au Vietnam, Clark se concentre sur une partie de la jeunesse américaine en dérive, incapable de bouger ni de s’investir, encore moins de se sortir de cette crise dans laquelle elle a plongé tête baissée. Il sera un des rares de cette bande à s’en sortir vivant, probablement sauvé par son appareil photo et sa volonté de montrer l’essence d’une jeunesse en détresse.

Cette jeunesse qui s’est égarée dans un ennui dont on ne parle plus, quelque part entre la drogue, le sexe et la violence. « Une fois que l’aiguille est rentrée, elle ne ressort plus » avait dit Larry Clark. On ne sait plus bien si il parle de l’aiguille, de l’ennui, de la mort ou simplement de la réalité.

Pauline Guillonneau

Larry Clark Tulsa 1963-71 TAFMAG photographie génération perdue

Larry Clark photographie TAFMAG

Larry Clark Photography TAFMAG

Larry Clark Tulsa 63-71 TAFMAG photographie

Larry Clark Tulsa 1963-71 AFMAG photographie

Larry Clark Tulsa 63-71 TAFAMG photographie dérive d'une jeunesse

Larry Clark TAFMAG photographie Tulsa 1963-71

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