JEUDIG’ #40 // Toto la Mompesina, prétresse de la cumbia

Aujourd’hui, je dig Tambolero.

L’album, sorti chez Real World en 2015, est une rééditation totalement repensée du classique de 1993 de la diva colombienne, La Candela Viva. Malgré son prénom, Toto La Momposina n’est pas un homme. Ce n’est pas non plus une blague de notre enfance… C’est plutôt ce genre d’artiste tellement hors-pair qu’on se demande vraiment si on vient de la même planète.

La « reine de la cumbia »

Toto est née dans un village colombien proche de la côte caribéenne. Dans sa région, musique traditionnelle rime avec brassage : entre musique indienne des indigènes, africaine apportée par les esclaves et espagnole ramenée par les colons. « La vraie cumbia, c’est la rencontre des cultures africaines et indiennes, avec les flûtes gaïtas, les sons de fanfare et les tambours africains » confirme la chanteuse.

 

Rituel sacré

Musicienne, croyante, elle considère sa voix comme un « cadeau de Dieu » et la cumbia comme un « rituel sacré », dansé « jusqu’au petit matin, pour recevoir la lune et l’offrir au soleil ». Rituel qu’elle pratique depuis son plus jeune âge avec ses parents, tous les deux musiciens.
Toto est la première à faire voyager cet héritage métissé jusqu’en Europe et aux Etats-Unis, où elle devient vite une star. C’est peut-être parce qu’elle pense que « la transmission de la tradition est essentielle, un peuple qui n’a pas d’identité est perdu ».

Quand elle danse aujourd’hui sur scène, dans ses vêtements flamboyants, toute feu, toute flammes en robe rouge et or, on se demande quel est son secret. À 75 ans, elle en fait 50 de moins. La preuve est .

Peut-être doit-on voir dans la déclaration qui suit le secret de sa longévité :  « Bien sûr ! La musique est un médicament, elle guérit les âmes et les libère. Un vrai musicien connaît sa “clé de sol” : il maitrise la partition et parle au soleil  et aux étoiles. ». Pour mieux nous faire danser.

 

 

 

Paloma Colombe

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