JEUDIG’ #8 // Sade et son 2ème album studio, ‘Promise’

Aujourd’hui, je dig Promise, de Sade (Epic,1985)

Sade – prononcez « shadey » -, c’est la queen du smooth-jazz soul ou « quiet storm ». Un genre musical né au milieu des années 1970, appelé ainsi en raison du titre de Smokey Robinson, A quiet storm.

Emblématique du genre, la « quiet storm » est une balade suave et sexy, évoquant généralement une atmosphère nocturne sur des tempos relaxants et sensuels. Pour Sade, ouvrons le bal avec The Sweetest Taboo.

– « There’s a quiet storm, and it never felt this good before » (The Sweetest Taboo)

Mode et musiques noires

Sade Adu, c’est d’abord un métissage : nigériane par son père, anglaise par sa mère, elle a 3 ans quand elle s’installe près de Londres. Sa première carrière est la mode et Sade est d’abord mannequin et créatrice. Ce n’est que plus tard qu’elle commence à être choriste pour le groupe Latin-funk du nom de Pride. Cette expérience lui donnera, par hasard, l’envie de poursuivre dans cette voix.

Très influencée par ses origines africaines, elle se tourne vers le jazz, inspirée des musiques métissées de Curtis Mayfield, Donny Hathaway et Bill Withers. La mode quant à elle, reste très présente dans les choix vestimentaires de chacun de ses clips.

J’ai découvert cet album petite, avec mon père. Celle qui a dit : « Vous ne pouvez évoluer en tant qu’artiste qu’à condition de vous accorder le temps nécessaire pour grandir en temps que personne » est pour moi une icône et une inspiration depuis toujours. Tant pour son look unique et naturel, son apparente simplicité, sa magnifique voix, touchante et sans fioriture, que pour ses choix de carrières dont je pris connaissance plus tard.

En effet, Sade Adu fait partie de ces rares artistes qui sont restés fidèles aux gens avec qui ils travaillent : en particulier, Stuart Matthewman au sax et à la guitare, Paul Denman à la basse, Andrew Hale aux claviers.

 

La promesse d’un succès

Après le succès de Diamond Life en 1984, le debut album le mieux vendu par une chanteuse anglaise, Sade réunit autour d’elle la même équipe de producteurs pour Promise, l’album qui nous intéresse aujourd’hui. Pour ce deuxième album studio, à nouveau, elle écrit, compose et interprète tous les titres.

Le titre de l’album vient d’une lettre du père de Sade où il évoque la « promesse d’espoir » (promise) de guérir de son cancer. Promise est bien accueilli, tant par les critiques que par le public. Et c’est le premier album du groupe à être un tel succès à la fois au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Dans les deux premiers singles, il y a d’abord la superbe balade dans le pur style « quiet storm » : The Sweetest Taboo  et la plus rythmée et entraînante Never as Good as the First Time.

[Vous noterez que visiblement, Sade aime nous faire partager, dans ses clips, sa passion pour l’équitation. ]

Autre magnifique morceau de l’album, plus downtempo, qui met en valeur sa voix de velours : Jezebel. Inspiré de l’histoire de la princesse phénicienne, le titre parle d’une femme qui, partant de rien, atteint des sommets.

– « Reach for the top and the sun is gonna shine » – Jezebel

Par chance, les vinyles de Sade ne sont pas des raretés, on peut les trouver facilement à Paris chez Superfly Records, Betino’s ou encore Heartbeat Vinyl.

 

De Sade à Bonnie Banane : l’héritage

J’espère que vous aimerez autant que moi cette talentueuse artiste qui me touche tant. Vous aurez sûrement aussi envie de découvrir d’autres pépites : Smooth Operator, Your Love is King ou encore Nothing Can Come Between Us dans mon edit préféré de Pomo.

Encore d’une grande influence aujourd’hui, Sade est citée comme source d’inspiration par toute une frange du rap/hip-hop français, de Bonnie Banane à Jimmy Whoo ou même Les Nubians avec la rappeuse Casey qui reprennent Tabou, sans qu’on puisse affirmer que ce soit une réussite.

Son dernier album, Soldier of love, suivi d’une tournée en 2011 ont prouvé qu’elle et son groupe ont continué d’acquérir au fil des années, des fans toujours plus nombreux. Agée de 57 ans aujourd’hui, Sade rayonne toujours autant.

 

Paloma Colombe

 

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