JEUDIG’ #13 // Leo’s Sunshipp, ‘We Need Each Other’ (1978)

Aujourd’hui, je dig We Need Each Other, de Leo’s Sunshipp

 

 

Dans le sillage de Mr. Gaye

Leo’s Sunshipp, c’est un groupe formé à la fin des années 1970 par 3 musiciens. Il y a, tout d’abord, Kenny Stover, frère de Elgie Stover qui a composé certains des plus beaux titres de Mister Marvin Gaye, notamment sur l’album What’s Going On (1971).

Kenny, lui aussi, gravite autour de Gaye : choriste sur ce même album ainsi que sur Here My Dear, sorti la même année que l’album que nous diggons ce jeudi, en 1978. Il est aussi le compositeur d’une première mouture du fameux Let’s Get It On, quelques années plus tôt. Vive le Motown.

Kenny rencontre ensuite un certain Johnny Simone, également choriste sur Here My Dear de Gaye, aux studios de la Tamla-Motown à Détroit, où est enregistré l’album. Puis ils sont rejoint par Alvin Few avec qui ils forment le très éphémère groupe Leo’s Sunshipp.

 

Un nom seventies bien ché-per

Leo’s Sunshipp ? Le jeu de mot est difficilement traduisible. Starship, « vaisseau spatial », est ici le vaisseau du soleil, symbole du Lion dans le zodiaque, Leo, en anglais. Les trois musiciens sont en effet natifs de ce signe et nés au plein cœur de l’été, donc…

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4 titres, 4 bombes

Un nom astrologique et ensoleillé qui fait écho au tube du groupe, Give Me The Sunshine, écrit par Johnny Simone. Un titre soul-funk mâtiné de jazz, quelque part entre la douceur sensuelle d’un Leon Ware, les chœurs aériens hérités de Gaye et les paroles dignes de Roy Ayers. Roy Ayers, qui deux ans plus tôt sortait justement l’album Everybody Loves The Sunshine, influence évidente du morceau des Leos.

Le deuxième titre (A2), c’est I’m Back For More, le titre de l’album qui a eu la plus importante postérité. Un rythm & blues chargé en bongos. Parmi les interprètes qui l’ont repris, on peut citer la diva soul Marlena Shaw, le groupe Tavares ou encore Al Johnson. J’ai un faible pour les versions de Marlena et celle de Al Johnson avec Jean Carne, difficilement surpassables…

Le troisième morceau de l’album, Get Down People est le plus funk avec sa ligne de basse puissante. Un morceau qui me rappelle quelques-uns des meilleurs titres de Stevie Wonder.

Enfin Madame Butterfly, le 4ème et dernier titre de ce mini-album… Alors, « Pourquoi seulement 4 titres ? », me demandez-vous.

 

Un album pour entrer dans le mythe

Le LP est bien composé de 8 titres mais il s’agit à chaque fois de deux mixes différents du même titre, un sur chaque face (A/B).

En 1977, alors que les trois lions sont en studio pour ce qui doit être une première œuvre de maître, les quatre premiers titres sont enregistrés quand le leader et compositeur, Johnny Simone, apprend qu’il est atteint d’un cancer foudroyant. Il  meurt en quelques mois. Le groupe ne s’en remettra pas, ils se séparent quelques mois plus tard.

We Need Each Other est donc, bien tristement au vu de l’immense potentiel du groupe, la seule et unique pépite du Vaisseau des Lions…

De Marlena (Shaw) à Al (Johnson), heureusement que la postérité a tenté de rendre honneur à la sur-puissance de ces quatre titres-joyaux rares. L’été est, évidemment, la saison parfaite pour faire revivre l’unique album de ce groupe d’étoiles filantes.

 

Paloma Colombe

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