JEUDIG’ #12 // Leon Ware (Elektra, 1982) : groove sensuel

Aujourd’hui, je dig Leon Ware du même Leon Ware

Leon Ware est né et a grandi à Detroit, Michigan. À 27 ans, il commence déjà à composer des hits pour les plus grands. Impossible que vous n’ayez jamais entendu ses morceaux !

Les Isleys Brothers ou Quincy Jones (Body Heat), par exemple ? Il a notamment contribué au succès de Michael Jackson dans les Jackson 5 avec le tube I Wanna Be Where You Are. Michael Wycoff, Looking Up To You ? Encore lui. Le tube ultime ? I want you, de Marvin Gaye. On le mentionnait déjà dans le Jeudig’ #2 sur Minnie Riperton, avec laquelle il a largement collaboré, reprenant même Inside my Love de Minnie en Inside Your Love.

Après des années au service des autres comme auteur-compositeur, il signe enfin, en  1972, le premier album dont il est aussi l’interprète. Sobrement intitulé Leon Ware. Dix ans plus tard, un cinquième album du même nom éponyme sort sur Elektra. C’est de celui-ci dont on parle aujourd’hui et c’est un album que j’aime particulièrement pour trois raisons :

 

Pur groove

La première : Why I came to California (A4). Dans ce morceau qui est probablement l’un des morceaux que j’ai le plus écouté de ma vie, Ware nous emmène en balade en Californie, de L.A et ses plages, à San Diego puis à San Francisco : « Catch a cable car to where your dreams go », chante-t-il.

Janis Siegel accompagne de sa voix jazz, cet hymne à la Californie : « That is why I came to California, it’s the purest groove that I have ever known »

 

Musical sensuality

En matière de groove, on retrouve cette sensualité si typique de Ware sur Can I Touch You There (B1). Comme on peut le lire sur le site internet du soulman, il apparaît comme évident que tant dans les paroles que dans la mélodie envoûtante, « la sensualité musicale et lyrique est la marque de fabrique de Leon Ware » (Musical and lyrical sensuality is Leon’s Ware trademark). On n’aurait pas mieux dit.

 

De l’or brésilien

La troisième raison, et pas des moindres, c’est un morceau brésilien composé et interprété avec certains des meilleurs artistes brésiliens, au beau milieu de cet album « soul ». C’est Somewhere (B4) composé avec l’un de mes compositeurs brésilien de bossa et jazz préféré, Marcos Valle. À la voix, Flora Purim, grande chanteuse jazz brésilienne. Aux percussions, Airto Moreira, brésilien lui aussi et enfin, Gato Barbieri au sax, un argentin pionnier du latin-jazz qui s’est éteint récemment. On retrouve également son sax sur Deeper than love (A5) également co-écrite avec Marcos Valle.

 

Bref, Leon Ware, un album incontournable. Aujourd’hui, Leon, âgé de 76 ans, continue de composer pour des interprètes soul contemporains comme Maxwell. Ses morceaux sont et ont été samplés par un bon paquet de musiciens hip-hop : A Tribe Called Quest et Mary J Blige en passant par Ice-Cube, Tupac et même un certain Jay-Z.

Et petit bijoux supplémentaire, Leon Ware en live, lors d’un passage à Amsterdam en 2001, lui qui s’y connait toujours autant en sensualité. À quand un passage au New Morning comme en 2013 et 2014 ? On t’attend Leon, toi et ton groove langoureux. En attendant de partir en Californie, on passe tes tracks ensoleillées en boucle…

Paloma Colombe

 

N.B : Mon pressage est l’original, pressé chez Elektra en 1982. Be with records – encore eux, on en parlait lors du Jeudig’ #10 sur Nohelani – ont repressé l’album en 2014.

 

 

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