Jean-Philippe Lebée, photographe partagé entre sensualité et sujets de société

Jean-Philippe Lebee photographie TAFMAG interview

La photographie pour Jean-Philippe Lebée, c’est parti d’un manque. « Mon père avait un appareil numérique, il n’a jamais voulu me le prêter », se rappelle le jeune photographe. Il s’en procure un cinq ans plus tard, au moment où il arrive à Paris de Senlis et explique qu’étant de la jeune génération, il a naturellement commencé par le numérique. Il décolle assez vite au niveau des rendus, paraît-il, crée un blog puis une page Facebook pour suivre le mouvement des fan pages.

Tout s’emballe relativement vite pour Jean-Philippe qui est démarché en mars dernier pour faire la campagne de pub internationale d’une marque d’alcool, tous lieux, tous supports. Il passe ainsi par Madrid, Barcelone, Sheffield, Los Angeles, même par le parc national de Yosemite en Californie, Beyrouth, Athènes et bien sûr Paris. D’autres projets se profilent, l’obligeant à prendre un assistant, un agent et un comptable. Jean-Philippe n’a que 21 ans et est toujours étudiant en prise de vue aux Gobelins.

Il a du mal à décrire son univers. Jean-Philippe parle de colorimétrie, de cadrage binaire. Une personne par photo, un modèle, jamais –ou du moins rarement – professionnel. Rien d’autre qui risquerait de déranger le regard du spectateur concentré sur la femme centrale et souvent, fatale.

Le jeune photographe aime les femmes des années 70-80, « les vraies femmes », celles qu’il n’a pourtant pas connues. Les années 70-80, une époque qui selon lui révèle la femme et promeut son essor. Il déplore aujourd’hui le manque de sensualité des femmes. « C’est la mode qui veut ça », dit-il résigné. Les Dr Martens, les leggings léopard, ce n’est pas féminin pour le photographe. « J’aime redonner le côté sensuel de la femme sans être provoc ou trash ».

Il souhaite ainsi parler aux femmes de tous les jours, pas aux mannequins, en créant une photo abordable pour toutes les femmes. Il faudra tout de même préciser que si ses modèles ne sont pas des professionnelles, elles s’en rapprochent dangereusement. Le plus intéressant dans ces photos, c’est de voir l’aspect cinématographique et de se rappeler à quel point les deux médias, photographie et film, sont liés. Chacun y trouvera ses références cinématographiques.

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Mais cette thématique de prédilection évolue. Pour la campagne, Jean-Philippe a beaucoup voyagé et est notamment parti pour Beyrouth. Il y découvre le photo reportage, du moins, il l’effleure à la frontière avec la Syrie d’où il entend des coups de feu.

Alors qu’il est en repérage pour le shoot de la campagne, Jean-Philippe rentre dans une maison. Il tombe sur une image forte qui le marque encore. Il raconte : « Il était 8h30 du matin. 8h45 précisément. Au Liban le soleil se lève plus tôt qu’en France. Il faisait froid. On faisait des repérages dans un quartier au sud de Beyrouth, un quartier un peu chaud sous contrôle des milices du Hezbollah. J’étais avec Marc de la production locale. Un garçon magnifique, drôle ; une des personnes les plus géniales que j’ai rencontré dans ma vie. On a vu une porte. Je suis tombé nez à nez avec ces deux vieilles dames. Il faisait froid dans la maison. J’ai bafouillé en anglais que je voulais prendre une photo. C’était une vieille dame qui se laissait mourir. Elle avait le poids de la vie sur ses épaules. Elle avait les yeux très noirs, très très noirs. Je savais qu’il fallait que je fasse la photo. Ça m’a fait froid dans le dos, quand je suis reparti, c’était une ambiance assez glauque, tu sentais la pauvreté des gens. Capter cet instant là, c’était très intéressant. »

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La photo documentaire colle assez bien à ce Parisien d’adoption qui capte si bien un instant, une atmosphère. Il essaie de rendre les choses jolies. Elles le sont sans aucun doute, ses photos qui font penser à des extraits cinématographiques. Il a des photos qu’il garde pour lui, des photographies qui s’apparentent plus au documentaire prises au fil de ses récents voyages.

« Faudrait peut-être que je continue alors ? », sourit-il en me voyant tant enthousiaste. On espère sans aucun doute voir le documentaire prendre le dessus, tellement ces dernières sont poignantes. On a tellement besoin de se rappeler que le monde, ça n’est pas que la sensualité et les leggings léopards.

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Pauline Guillonneau

wwwjeanphilippelebee.com

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Jean-Philippe Lebée, a photographer torn between sensuality and matters of society

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Photography for Jean-Philippe Lebée, started as a lack. A lack of trust, maybe. His father owned a camera but never let his son use it. Five years later – and being of the young generation – the photographer got his own digital camera. He learned fast, created a blog and a fan page on Facebook to follow his generation’s movement.

Last March, Jean-Philippe was asked to shoot the campaign of an alcohol brand. He traveled to Barcelona, Los Angeles, Yosemite National Park in California, Beirut, Athens, to cite only a few places. There were so many projects at once that Jean-Philippe, only 21 and still a student, took an assistant, an agent and even an accountant…Jean-Philippe has a hard time describing his surroundings. He speaks of colorimetry, binary frames. Only one person per shot, a model hardly ever professional. Nothing that would take the viewer’s eyes off the main figure of a femme fatale.

He likes women of the 70s or 80s, “the real women”, as he calls them although he has never met them. The 70s and 80s have revealed women, encouraging their emancipation. Jean-Philippe deplores today’s fashion circles that prevent women owning their sensuality. Dr Martens and leopard leggings aren’t feminine enough, according to the photographer. “I like to give sensuality back to women without being trashy. The photographer says he rarely shoots professionals models in orfer to reach everyday women. But it must be said that if Jean-Philippe’s models aren’t professionals, they are certainly not far from it.

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Maybe this thematic will evolve and Jean-Philippe will leave women to focus on his surrounding world. While in Lebanon, he discovered photo reportage, or at least touched it from afar, at the Syrian border where he could hear gunshots.

While he was scouting around Beirut for the advertising campaign, Jean-Phi entered a house and fell on an amazing shoot. He recalls: “It was 8:30 in the morning. 8:45 more precisely. It was cold; we were exploring south of Beirut, under control of Hezbollah militia. I saw a door and encountered two old ladies. It was really cold in that house. I mumbled something in English about wanting to take a photo of them. One of the old ladies was letting herself die. She had life’s weight on her shoulders. Her eyes were dark, really dark. I knew I had to take the photo. There was such a gloomy atmosphere but it was really interesting to capture that instant.

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Documentary fits him well. He knows how to capture a moment, an atmosphere. He says he tries to make things pretty. I wish he would try to make things real.

Pretty? His photos surely are. There is a certain cinematic feel to it. He says he kept some photos to himself, some photos close to socially aware documentary. “Maybe I should keep doing this?” he asks seeing me so enthusiastic. Hopefully, Jean-Philippe will keep focusing on documenting his travels, the people he meets and showing life in general through his lenses, endorsing the role of a photographer as an intermediary between two worlds.

 

Pauline Guillonneau

 

wwwjeanphilippelebee.com

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