L’engagement musical de l’irlandais Hozier contre l’Eglise

Il a commencé à chanter vers l’âge de 8 ans. A l’époque, Hozier avait une voix légèrement différente. « Un vrai soprano », se rappelle le musicien Irlandais venu faire la promo de son album à Paris.

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Hozier admet avoir arrêté le chant pendant un moment, après une mauvaise expérience sur scène. La toute première. Devant un public de mille personnes, « ça c’est  terriblement mal passé, se souvient-il. Je suis parti sur une note un peu trop haute, ma voix a déraillée en bon adolescent que j’étais. Je suis resté immobile, incapable de bouger jusqu’à ce qu’une vieille dame vienne me trainer hors de la scène ».

Malgré tout, c’était inconcevable pour Hozier de songer à arrêter la musique. A 15 ans, il rejoint un groupe de musique soul, héritage que son père, lui aussi musicien-blues, lui a légué. Hozier a fait son propre chemin musical, découvrant le gospel, puis le jazz et le rock. L’écriture a naturellement suivi. « J’écrivais à propos de choses débiles auxquelles seuls les adolescents pensent ». Et à quoi les ados pensent-ils ? A l’amour ? A l’amitié ? A emmerder profs et parents ? « J’écrivais à propos de la solitude et de la tristesse », tranche Hozier.

Le musicien ne fut pas plus malheureux qu’un autre enfant, non. Simplement poète. Il a commencé à écrire à cette époque, gardant pendant plusieurs années tous ses brouillons. De certains de ces gribouillages, est né Take Me To Church, le single de son premier album sorti ce lundi 6 octobre. Est-ce la voix grave d’Hozier qui rend la chanson si addictive ? Ou les paroles profondes qui évoque le pouvoir de l’Eglise irlandaise ? Ou est-ce encore le clip associé à la chanson qui fait écho à  la violence faite aux homosexuels en Russie ?

Hozier n’a pas de réponse, « mais je suis chanceux que cette chanson soit devenue addictive pour beaucoup » dit-il modestement.  Puis le (très) grand chanteur se met à raconter l’Histoire de son pays et la politique Irlandaise. Comme beaucoup d’autres irlandais actuellement, il est particulièrement remonté contre l’Eglise qu’il juge trop impliquée dans la politique du pays. « Je sais que je suis bien plus en colère que je ne devrais l’être », rit-il après une longue diatribe contre l’Eglise.

Sa chanson Take me To Chuch attaque l’Eglise et par extension, toutes les organisations qui ne respectent pas les droits de l’homme, discriminant les femmes ou les droits LGBT (relatifs aux homosexuels, hommes, femmes et transsexuels) comme actuellement en Russie.

Hozier commence tout juste. Il a seulement vingt-quatre ans et prépare une tournée américaine cet automne. Compositeur engagé, il écrit sur « n’importe quoi qui a du sens », conclut-il prouvant une dernière fois son activisme musical.

 

Pauline Guillonneau

Crédit photos : Aurore lucas

Hozier sera en concert au Trabendo le 29 novembre. Toutes les autres dates sur son site.

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