HIGH FIVE // La rentrée en 5 livres

Si comme nous cet été vous avez pris le temps de plonger le nez dans un bouquin et réalisé à quel point lire vous avait manqué, ce High Five est fait pour vous. TAFMAG vous souhaite une rentrée des classes tout en douceur en vous proposant une sélection sur-mesure. C’est frais, c’est tout nouveau et c’est pour vous !

 

01. De la bombe, Clarisse Gorokhoff

« Il était une fois, dans un splendide palais du Bosphore, une jeune femme qui s’apprêtait à poser une bombe ». Cet Incipit aux allures d’antithèse promet une histoire riche en émotions. Ce conte pour adulte se déroule en Turquie où, dans un hotel luxueux d’Istanbul, Ophélie s’apprête à poser une bombe. À ses côtés, nous voyageons sur les routes brûlantes qui bordent la mer Egée, interrompus dans notre course folle par des rencontres, des intrigues et toujours plus de rebondissements. Le premier roman de Clarisse Gorokhoff offre une belle échappée face à la rentrée. Les mots sous la plume de l’écrivain glissent sur le papier et trouvent leur chemin jusqu’au coeur pour y alimenter nos rêves d’ailleurs. Voilà déjà que nous voudrions repartir…

→ GOROKHOFF Clarisse, De la bombe, Gallimard, 2017, 272 pages, 17 €

 

02. Par le vent pleuré, Ron Rash

Par le vent pleuré, dernier roman de l’écrivain américain Ron Rash, raconte l’histoire de deux frères que tout semble opposer. Ils se retrouvent soudainement réunis face à un souvenir précis et obsédant de leur adolescence : une rencontre de l’ordre de celles qu’on n’oublie pas, qui vous font vivre pour de vrai. C’était une douce sirène du nom de Ligeia qu’ils pensaient avoir perdue jusqu’à, ce matin là, l’annonce macabre dans les journaux… Le dernier roman de Ron Rash prend place dans l’Amérique des late 60’s où le vent nouveau du Summer of Love souffle à retardement sur les Appalaches de Caroline du Nord. Ron Rash, dans son dernier roman, construit un rapport intéressant entre le réel et la perception, et la manière dont l’un et l’autre interagissent pour finalement changer le cours des évènements. Un beau livre au titre poétique pour commencer un nouveau départ.

→ RASH Ron, Par le vent pleuré, Editions du Seuil, 2017, 208 pages, 19,50 €

 

03. Mercy, Mary Patty, Lola Lafon

Lola Lafon nous raconte une « story » américaine plantée dans un décor landais. En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée contre rançon par un groupuscule révolutionnaire. À la grande stupéfaction de l’establishment, la jeune fille embrasse rapidement leur cause. On crie au lavage de cerveau, à la manipulation. Gene Neveva, professeure américaine invitée dans les Landes, est chargée de rédiger un rapport pour le procès de Patricia qui aura bientôt lieu à San Francisco. Afin de traiter au mieux ce dossier conséquent, Gene fait appel à une étudiante, Violaine, du même âge que l’accusée.

Avec ce roman aux narrations multiples qui préfère un discours direct et incisif, Lola Lafon s’attache à retranscrire l’importance du choix radical, qui ne permet pas de seconde pensée. L’approche frontale de l’auteure face à ces situations laisse peu de répit au lecteur qui reste en haleine jusqu’au bout d’une histoire américaine à la française.

→ LAFON Lola, Mercy, Mary, Patty, Actes Sud, 2017, 240 pages, 19,80 €

 

04. Sa Mère, Sophia Azzéddine

Sa mère, qui est-elle ? Marie-Adélaïde est née sous X et ne l’a donc jamais connue. En colère contre tous mais surtout contre elle-même, elle se met en quête de son destin. Décidée comme jamais, prête à tout pour y parvenir, elle nous entraîne dans sa frénétique recherche du bonheur, accompagnée de ses meilleurs atouts : le culot, la parole qui frappe, l’humour cinglant, l’insoumission à son milieu, la révolte contre toutes les conventions. Marie-Adélaïde agit en vraie héroïne, une héroïne de notre temps. « Dans le câlin, ce qui compte, c’est le câliné, pas le câlineur », Saphia Azzéddine en profite pour essaimer tout au long de son roman, de belles leçons de vie comme celle-ci, d’une déconcertante simplicité.

AZZEDINE Saphia, Sa mère, Editions Stock, 2017, 240 pages, 19 €

 

05. L’art de perdre, Alice Zeniter

De temps en temps, la chèvre de Monsieur Seguin regardait les étoiles danser dans le ciel clair et se disait: « Oh, pourvu que je tienne jusqu’à l’aube… » Comme la biquette, Naïma espère tenir encore un peu face aux mille questions existentielles qui l’assaillent. Originaire d’Algérie, elle n’en connaît rien et la vie de ses proches ne lui a jamais été racontée. Comment faire ressurgir un pays du silence ? Dans sa quête d’identité, la jeune femme brise la glace qui gelait l’histoire familiale depuis des générations. Érigeant un pont entre la France et l’Algérie, cette fresque romanesque audacieuse nous parle de la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales. Un livre qui pose les bonnes questions au bon moment.

Zeniter Alice, L’art de perdre, Éditions Flammarion, 2017, 512 pages, 22 €

 

Romane Ricard

 

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