HIGH FIVE // Les 5 groupes qui ont (re)chauffé Pete The Monkey

Départ veille du 14 juillet. Là on se dit que l’on s’apprête à faire le voyage le plus long des temps vers la Normandie. Que neni, pas un seul bouchon sur la route de Pete The Monkey. À l’arrivée, on reconnaît le site de Saint-Aubain-sur-Mer, que l’on foule depuis maintenant cinq ans, et qui s’est désormais quelque peu agrandi. On reprend nos marques, tout est prêt ; le jour n’est pas encore tombé et les concerts ont commencé. Retour sur quatre jours de grande folie à Pete The Monkey.

© Zak Itani

« PTM » a pris du gallon. Cette année se mêlent talents émergents et artistes confirmés. L’un dans l’autre, on fait tout autant de découvertes ; on a fait le même nombre d’allers et retours que toujours, naviguant entre les scènes ; on a rit, pleuré, on a beaucoup pissé, on a énormément dansé et surtout, on a infiniment rêvé. Voici 5 groupes que l’on a vus et retenus.

 

JAUNE

Probablement le musicien le plus jeune du festival. Mais ne nous arrêtons pas aux premières impressions : si Jaune est un jeune projet musical, son créateur est un rodé de la scène. Jean Thevenin est musicien pour les groupes François and The Atlas Mountain, Tahiti Boy & The Palmtree Family, Melody’s Echo Chamber, pour ne citer qu’eux.… Enivrés par son flow de paroles indifféremment déversé en français et anglais, droppées sur une production electro-rock, on se regarde les yeux écarquillés. Jaune est annonciateur d’un nouveau style hybride de musique, mêlant electro-rock expérimental sur fond de synthpop. Attention, Jaune, c’est bien moins douceureux qu’il n’en laisse paraître sur son premier et dernier LP, Procession. Allez le voir en live, ça vaut le pogo.

 

LOS WEMBLER’S DE IQUITOS

La caution tropicale de ce séjour normand ! Los Wembler’s de Iquitos, ce sont les 5 frères Sanchez, pionniers de la musique cumbia, venus tout droit de Iquitos au nord-est du Pérou On ne peut pas faire plus entraînant. Il pleuvrait qu’on se croirait quand même sous les tropiques. Grâce à Los Wembler’s, on redécouvre avec délice la cumbia, version moderne et électrique. Un mélange de live foncièrement rétro et résolument moderne. Ça pogote dans la foule de PTM ; la musique des frères Sanchez est universelle, on tente de se suivre sur des pas exotiques, s’ils ne nous sont pas totalement méconnus, ils restent quelque peu inhabituels.

 

VENDREDI SUR MER

Vendredi sur mer, vous le savez dites. C’est Charline Mignot, photographe et stagiaire chez TAFMAG pendant un si court mois. Talentueuse et résolument sympathique, elle a réalisé pour TAFMAG des éditos photo et mode pendant son séjour à la rédaction. Si on l’avait interviewée bien avant pour sa photo, on la connaissait en premier pour sa musique. Une pop –fauvesque de laquelle dégorge la voix exquisément voluptueuse de Charline.
Accompagnée par Lewis OfMan à la prod, on se délecte des ôdes poétiques – mais sucrées – faites à l’amour via ses ruptures. Un résultat ultra-matûre qui fera l’objet d’un EP à la rentrée. Fin de l’année au plus tard. Deux talenteux artistiques sélectionnés dans l’art book TAFMAG, volume 2 : Bubble Gum.

 

LUCIEN AND THE KIMONO ORCHESTRA

On avait déjà vu le groupe plusieurs fois, un peu par intermittence. On a été ravies de revoir la troupe sur la scène principale, en plein soleil. Une funk originale, qui nous replonge doucement dans les années 1990 et dans les bandes originales de nos anciennes séries télé préférées. Une nostalgique futuriste qui nous fait voyager dans le temps. Comme L’Impératrice à ses débuts, tout d’instrumental vêtu, sur les pas de Vladimir Cosma et ceux de François de Roubaix. Qu’importe, on chantonne dans nos têtes, déballant nos propres paroles – même en yaourt – emportés par une rythmique quasi symphonique.

 

VOILAAA SOUNDSTYSTEM

Et c’est sans oublier Voilaaa Soundsystem. On connaissait par cœur On te l’avait dit, cette chanson moitié-absurde, complètement entêtante que l’on mixe par ailleurs dans certains sets TAFMAG. Ça, ce n’est qu’une partie du répertoire de Voilaaa Soundsystem et qu’une micro-fraction de l’énergie qui se dégage de leur live. Même de loin, on a vu les dents des musiciens, tout sourire. Sur des rythmiques afro-disco, la foule PTM se déhanche de manière homogène, avec un élan de fraternité que rien ne peut nous enlever. Il existe comme ça des moments où le bonheur est palpable. En voilà un.

 

ON TE L’AVAIT DIT

On profite pour clôturer ce High Five avec deux mentions musicales spéciales : le Camion Bazar, point de ralliement musical de tout notre festival. Chaque fois,  Roman Play projette un style différent sous la grande tente annexée au camion. On retiendra particulièrement le passage d’Odezenne – que l’on avait interviewé voilà quelques années – et son Je veux te baiser, tombé comme un cheveu sur la soupe en plein après-midi pendant notre sieste vaporeuse. Et Etienne de Crécy qui avait la jolie tâche de clôturer le festival le samedi soir, tard. On est arrivés pile sur Birdcage de You Man, qui passait juste avant dans le festival. La boucle est bouclée pour cette année. Il est temps de rentrer et d’aller se doucher. Puis de tâcher de se remettre des incroyables rencontres que l’on a pu faire cette année. Till next year, Monkeys.

 

Pour suivre les actualités de Pete The Monkey, c’est iciEt pour relire notre interview de Louis Dumas, fondateur de Pete The Monkey, c’est par-là !

Pauline Guillonneau
Photo de couverture © Pete The Monkey

About The Author: Pauline Guillonneau

Après avoir travaillé en télé, en radio et en presse écrite à Paris, Londres et Sydney, j'ai finalement opté pour la presse web dans cette bonne vieille capitale française en créant TAFMAG.