GYM : pop, rock et justaucorps

GYM band musique pop TAFMAG interview Tabou

On a rencontré GYM pour la première fois à la Maison de la Radio où ils sont venus de Lille enregistrer Rodéo sur Le Mouv avec Christophe Crénel. Déjà par la vitre du studio, on trépigne d’entendre leur pop bien à eux et leurs mélodies à la fois envoutantes, dansantes et inspirées.

GYM, signature du groupe Play It Loudly Records, délivre son premier EP Pygme inspiré de leurs écoutes diverses et variées et surtout, complètement décomplexée. Pas étonnant que les gymnastes aient déjà été repéré par Canal+ et synchronisé pour le Grand Journal durant une semaine avec leur single Radar Radar.

Il y a plus de deux ans, le bassiste Dadar et le chanteur Jérôme – déjà membre du groupe Roken Is Dodelijk – se rencontre à une « surprise party », nous informent-t-ils simplement. Cette surprise party s’appelle les Forest Sessions où des musiciens de réunissent avec comme contrainte : enregistrer un morceau pas plus de deux heures après la formation d’un groupe.

Dadar et Jérôme se sont bien trouvés ; ils parlent d’une vraie « synergie ». Mais ils avaient tout de même, à deux, un souci de rythme. Aucun problème, assurent-ils, « on a pris le meilleur batteur de Lille et des alentours ». C’est comme ça que Nico rejoint le groupe.

« Trois, c’est une très bonne formule. Ça t’oblige à aller à l’essentiel », explique Dadar. D’ailleurs, leur nom de scène, Gym, évoque ce trio aux formes géométriques qui ne fait rien comme les autres. A trois, GYM se dit qu’il faut quand même étoffer leur composition musicale. « On s’est dit allez, on prend pas de guitare, », dit Dadar, « mais on veut un pianiste, on veut un violoniste, on veut un trompettiste ». « En toute simplicité, on veut un orchestre symphonique », complète Jérôme qui n’en loupe presque pas une.

Avec ou sans orchestre, c’est vers la pop que GYM s’oriente d’office. Ils veulent quelque chose d’original, qui garderait une identité sonore. Cette identité est entre autre créée par leur utilisation systématique de la music box, cette sorte de xylophone qu’on retrouve dans tous leurs titres.

Et pourquoi la pop ? La réponse ne se fait pas attendre : « pour l’argent, les femmes faciles », avouent sans complexe le chanteur avant d’ajouter plus sérieusement que la pop est une forme d’expression comme le blues il y a 100 ans. « Les mecs utilisaient la même ligne d’accord mais avec une histoire différente », poursuit Jérôme.

Mais pas de pop sans un très bon chanteur. « Pas seulement quelqu’un qui chante bien, mais qui a du style, une originalité dans sa manière de placer ses mots. Dans la pop, c’est le truc qui fait la différence », dit Dadar. Et c’est sur que la voix enchanteresse de Jérôme en impose.

Si les Lillois parlent peu de leurs influences musicales, ils mentionnent beaucoup leurs voisins belges et leur influence sur l’industrie musicale du nord de la France. Quand on parvient à peine à citer deux groupes belges (dont Stromae…), les gymnastes commencent une liste non exhaustive des musiciens transfrontaliers qu’ils connaissent, côtés Wallon et Flamand : dEUS, Soulwax, Das Pop, Girls in Hawai, Montevideo, Arno, Sttellla…

Et GYM, ça parle de quoi ? « Aucune idée », disent-ils en cœur. Jérôme parle d’écriture automatique. Pas de thème de départ, mais une idée qui se dessine petit à petit. Il estime que ça donne des chansons plus « vraies parce que c’est ton ressenti qui parle ». Ensuite, à chacun d’analyser une chanson.

Dans leur reprise de Whitetown, Your woman – la « madeleine de Proust » de Jérôme qui a passé des heures à chercher ce tube de la fin des années 90 – le chanteur assure que « le mec a voulu dire quelque chose mais personne n’a jamais compris ce qu’il voulait dire. C’est peut-être un mec qui est amoureux d’une femme, ou ça parle d’une relation homosexuelle, ou du marxisme… Peut-être que c’est un mec qui parle du point de vu d’une femme. »

Plusieurs façons de lire un texte. D’ailleurs Christophe Crénel voyait quant à lui un thème récurrent de l’astronomie à travers l’EP Pygme. On comprend toutefois vaguement que Radar Radar, le single de leur premier l’EP, parle d’une chanson d’amour, l’idée d’être désorienté, d’avoir besoin de repère.

Pas tellement besoin de savoir de quoi ça parle, car la musique pour GYM, « c’est un langage. Quand tu le parles un peu, tu peux rencontrer de gens avec qui tu peux communiquer » explique Dadar.

Pour l’instant, pas d’urgence à communiquer, juste celle de danser. Ça tombe bien, GYM sera sur scène au Bus Palladium le 23 janvier pour fêter le premier anniversaire de TAFMAG.

 

Pauline Guillonneau & Grégoire Boisseau
Photo : Tabou

 

G Y M sur Bandcamp et le 23 janvier au Bus Palladium : inscrivez-vous à l’event Facebook

About The Author: TAFMAG

Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *