Esther Lüling : photos de famille et scènes de crime

Esther Lüling est une photographe de 23 ans. Ses thèmes de prédilection : Les scènes de crime, les autoportraits et la famille. Elle sera exposée au premier mini festival TAFMAG au Chalet des îles le 31 août.

Esther Luling photographie TAFMAG 1

Née à Danbury dans le Connecticut, Esther Lüling arrive en France à 7 ans. Elle découvre à 13 ans un appareil photo argentique dans le sac de Papy et trouve ça cool. « A l’époque j’aimais faire des choses alternatives, j’écoutais du métal et je mettais des pellicules dans un appareil photo alors que tout le monde passait au numérique », raconte Esther. Après son bac, elle entre à l’Icart Photo et effectue un stage à l’International Herald Tribune, devenu l’International New York Times en 2013 et dont le siège se situe en France, à La Défense. Esther Lüling travaillait aux archives. « C’était génial. J’ai eu accès à des milliers de photos de presse, parfois très anciennes, dont j’ai dû gérer les droits. » Dans le même temps, elle donne des cours de labo photo dans un lycée. Esher Lüling aime la photo en tant qu’objet.

Sa série Role Over, présentée au Chalet des îles le 31 août, est un roman photo inspiré des typiques familles américaines qui vivent en banlieue. Le père est présenté comme un bon père de famille qui travaille beaucoup, la mère comme une femme au foyer bourgeoise, le frère est fan de baseball, la sœur est sage et bonne élève. Le dimanche, la mère et les enfants se baladent dans les bois pendant que le père lit le journal. Esther décrit une famille américaine heureuse et économiquement stable. Un jour, par un dimanche ordinaire, un homme tatoué les tue tous. La photographe s’est inspirée du chef-d’œuvre de Truman Capote, De sang-froid. Publié en 1966, le roman traite d’un fait divers sanglant : le meurtre d’une famille de fermiers du Kansas. « Attention, tient à préciser Esther, il n’y a rien de psychologique à déceler dans cette série. Je ne tue pas ma famille, je m’amuse seulement. »

Esther Lüling Photographie Tafmag 3

Les portraits des membres de la famille au destin fâcheux de la série Role Over, sont en réalité des autoportraits. Esther Lüling s’est grimée et déguisée. La raison ? « J’étais surbookée, je n’avais pas le temps de trouver un mannequin. » Le meurtre permet à Esther de « justifier » sa série. « Je voulais raconter une histoire », dit-elle.

Dans Role Over, Esther a mêlé portraits et natures mortes d’Irving Penn et bouts de scènes de meurtre à la Weegee, photographe new yorkais de scènes de crime dans les années 30.

Esther Lüling Photographie Tafmag 2

L’idée de l’album photo familial est venue à l’esprit d’Esther Lüling après avoir vu l’expo Photo Albums au Foam à Amsterdam en 2012. L’expo présentait des photos d’albums de famille glanées par le collectionneur Eric Kessel. « J’étais justement en train de numériser mes photos de famille car mon grand oncle venait de mourir, se souvient Esther. Cela m’a donné l’idée de créer un album photo à mon tour. » Cela collait également avec son goût pour l’objet. « De nos jours, on ne fait plus d’album photo. Ils sont sur nos ordinateurs. On ne peut plus toucher une photo de famille. »

Esther Lüling n’est pas photographe à temps plein. Elle travaille actuellement pour le célèbre tatoueur Tin-Tin à Paris. « Ce qui m’intéresse, c’est divertir. J’aime rire et faire rire. Par exemple, je me suis beaucoup amusée à dégoter un pantalon qui me fasse un gros cul pour la photo de la mère qui jardine. »

 

Julie Maury

Portrait d’Esther : Aurore Lucas

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