Employee of the Year : les travailleurs modèles de la musique électronique

Employee of the year EOTY TAFMAG musique electro

Bon, il n’y a pas de doutes : Romain et Edouard sont des passionnés. C’est simple, Edouard ne passe pas par quatre chemins : « la musique, j’en ai toujours fait. Je sais pas comment c’est sans ». Romain avoue quant à lui qu’il a eu un walkman sur la tête de dix à… trente quatre ans. Soit jusqu’à l’année dernière. Avec leurs élégants costards, Edouard et Romain forment Employee of the Year, ce duo d’électro française et sensuelle.

Edouard et Romain se rencontrent par l’intermédiaire de leurs meilleures amies de femmes. Ils se lient d’abord d’amitié avant de décider de faire de la musique. Edouard a toujours baigné dans l’électro et avait d’ailleurs sorti un disque sous le nom de Super Commodore, il fut un temps.

Romain est allé le voir a un concert, lui qui n’écoutait « absolument pas de musique électronique », mais plutôt du rock. « Je devais connaître les quatre albums des Daft Punk et un de Cassius. Mais j’ai adoré l’ambiance des concerts électronique et l’énergie qui s’y dégage », se souvient-il. Faire de la musique pas classique, sans instruments mais seulement par ordi le fascine. Il propose à Edouard de se lancer. Ils débutent par un premier EP tout simplement intitulé 1, suivi du second, 2. Facile.

Ils combinent leurs boulots « normaux » et leurs fonctions de pères et maris avec leur nouvelle vie de musicos. « On fait tout tout seul c’est notre grande fierté », dit Edouard. Tous les deux savent la chance qu’ils ont d’avoir pu faire le grand saut. Un grand saut qui vient avec quelques contraintes : ils se trouvent parfois schizophrènes à jongler entre leurs métiers et leur vie de famille. Mais ils travaillent dur pour que la musique soit le centre de tout. « Si tu veux faire ta passion bien, il faut être extrêmement exigeant avec toi même » confie Romain.

« C’est ça être l’employé de l’année », dit Edouard : savoir tout faire, de façon autonome. Les deux musiciens veulent s’occuper de leur projet musical de A à Z, sans passer par des majors. Ils mettent leurs connaissances en commun et apprennent à être « forts en enregistrement, en mixage, en idées… »

Mais ou trouvent-ils le temps de composer ? « Je fais de la musique dans le métro pour aller au bureau », avoue immédiatement Romain. Ni l’u ni l’autre ne dorment beaucoup, c’est peut-être là leur avantage. « On optimise le temps, rient-ils. On est des obsessionnels, aussi ».

Ils pensent tous les jours musique puis se retrouvent le soir, après leurs boulots officiels pour jeter des idées en vrac. Au début, ils jetaient surtout beaucoup et ne gardaient presque rien, puis leurs techniques se développent, leur style aussi.

C’est la voix de Romain que l’on entend sur la moitié des chansons. Le chant, c’était un peu par accident, parce qu’il fallait bien qu’il y en ait un qui se dévoue. « Dans les groupes de rock, personne ne veut jamais chanter. A chaque fois qu’un groupe se monte, les mêmes questions se posent: qui va faire de la basse et qui va chanter ? »

Ils s’inspirent des plus grands, comme Laurent Garnier, mais EOTY regarde surtout vers les plus jeunes : Nicolas Jaar, Sohn, Flume, James Blake, Nôze… Ils n’ont pas tout à fait le même âge mais estiment faire partie de cette nouvelle génération de créateurs. « Ça va super bien la musique en ce moment », s’enthousiasme Edouard. Peut-être que l’industrie ne va pas très bien, mais la création, elle, se porte à merveille.

Edouard et Romain ont la chance de se sentir libres de faire ce qu’ils veulent : faire la musique qui leur plait, tout en travaillant dans des métiers « normaux » qui les font manger et partir en vacances. « On est des employees of the year et on ne l’a pas volé ! » concluent-ils en cœur.

Pauline Guillonneau & Grégoire Boisseau

Employee of the Year, le Soundcloud et la fanpage.

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