PORTRAIT // Cata Pirata, la folie capillaire de Skip & Die

On a rencontré Cata Pirata l’été dernier. Il est vrai que l’on a traîné à vous présenter le projet musical fou dont elle fait partie. Figurez-vous qu’entre temps, on a appris que la chanteuse était enceinte de 8 mois (voire même qu’elle avait peut-être accouché). Là, on s’est dit que, putain, on avait vraiment traîné. Voici donc venue l’heure de vous parler de la sudaf Cata Pirata, chanteuse du groupe Skip & Die.

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On ne sait jamais quelle coupe de cheveux ‘Cata’ va avoir. On se demande ainsi avant d’arriver à l’interview, si ça sera blond ou rose, rasé ou tressé, bouclé ou dreadlocké, comme on l’a vu sur maintes photos.

Mais comme ses cheveux, la musique de Catarina Aimé Drahms ne suit aucune mode, aucune contrainte. Le groupe qu’elle forme avec le hollandais Jori Collignon n’a d’ailleurs pas vocation a faire du mainstream parce que clairement, il ne fait que comme il l’entend. Littéralement. Leur musique est tellement spécifique qu’il n’y a aucune doute : jamais le duo ne cèdera aux habituelles pressions de l’industrie musicale.

Imaginez quelque chose qui mélange hip-hop, electro, pop, cumbia parfois, influences arabiques d’autres fois. Du ‘Tropical Base’, comme préfère le résumer la chanteuse, tout en admettant que ça n’est qu’une bien maigre description de leur musique. Cata insiste sur la partie ‘tropicale’, pensant à ‘exotique’. De notre côté ‘folklorique’ nous traverse l’esprit.

Tous les sons proviennent de vrais instruments, se félicite la musicienne ; sauf sur deux chansons pour lesquelles le groupe a enregistré le bruit des grenouilles qui chantaient dans la piscine vide d’une ferme abandonnée où il logeait. Et pour l’autre, il s’agissait du chant d’un coq brésilien.

C’est peut-être par le voyage, que Catarina a chopé inconsciemment cette ouverture vers de nouveaux genres musicaux, pour ne jamais se cantonner à un seul style : Cape Town, Amsterdam, les Açores,  Paris, Ibiza ou encore Buenos Aires dernièrement, il s’en crée des influences.

C’est de la rencontre avec Jori Collignon que naît le projet Skip & Die. C’est aussi dans ce groupe que la jolie sudaf peut enfin lâcher dans le micro tous les poèmes qu’elle écrit depuis toujours. « Comme toutes les ados, j’ai eu mon journal intime. J’y écrivais mes poèmes, qui sont ensuite devenus des chansons de rap », se rappelle celle qui n’avait jamais pensé une seconde que la musique puisse être un métier.

Pourtant, Catarina cite beaucoup de hip-hop dans ses influences de jeunesse. Des trucs plutôt violents. Il y a Grave Diggers qui parle de la mort et de plusieurs façons de mourir, ce qui n’est pas sans fasciner Catarina. Il y a De La Soul, bien plus ‘peaceful’, le Wu Tang Clan dont elle admire les différents flows des rappeurs ou encore Bon Thug and Harmony qui ajoute pas mal de chant.

Pour Skip & Die comme pour de nombreux groupes de hip-hop, on parle de chansons engagées. Politiques ? « Sociales », nous corrige-t-elle. Cata Pirata est un drôle de personnage, une rappeuse hippie, loin des conventionnels clichés du rap américain qu’on pourrait retrouver chez une Nicki Minaj, par exemple, avec la même passion capillaire toutefois. Dans le style, on ne peut s’empêcher de penser à M.I.A. pour la plus connue, mais aussi à Iggy Azalea, Azaelia Banks ou encore Tkay Maidza, dans ce genre nouveau de hip-hop teinté d’electo, de house ou d’EDM. Une nouvelle mouvance musicale pour un nouveau groupe de nanas qui ont trouvé la possibilité de se démarquer et de s’imposer dans un genre barré et complètement assumé.

La jungle un peu, quand même. C’est d’ailleurs un bout du titre du premier album de Skip & Die, sorti en 2012 : Riot in the jungle. La démarche est noble, Skip & Die cherche à bousculer les genres musicaux et à y imposer, dans son monde incroyablement fou, sa loi.

Cata Pirata s’en va pour l’Argentine où elle va fonder son foyer. Sûrement une façon de ramener un peu de tango dans le prochain album de Skip & Die.

Toujours est-il que leur deuxième album, Cosmic Serpents est sorti en avril 2015.

 

Pauline Guillonneau
Photo : Laura Andalou

Cata Pirata, le site – Skip & Die, le site

About The Author: Pauline Guillonneau

Après avoir travaillé en télé, en radio et en presse écrite à Paris, Londres et Sydney, j'ai finalement opté pour la presse web dans cette bonne vieille capitale française en créant TAFMAG.