PORTRAIT // Bérengère Cardera, créatrice de robes de mariée

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Elle s’est lancée dans « la mariée » en septembre dernier. Bérengère Cardera nous reçoit dans son petit studio de la rue de l’Exposition à Paris. Sur une table à tréteaux sont déposés deux machines à coudre, des bobines, des tissus. Dessous, on aperçoit des vieilles malles de voyage.

On s’assied sur des fauteuils style 18ème. C’est là que Bérengère nous raconte son parcours à l’école d’illustration de Bruxelles, puis aux Beaux Arts d’Angers et enfin à l’ESMOD à Paris. Elle devient costumière pour le théâtre, sur des courts-métrages, des clips et même au cirque… Le costume, c’est une pièce unique, exceptionnelle, raconte Bérengère. Il est adapté à la scène, c’est pas du tout la même façon d’envisager le vêtement.

Puis des amies et cousines lui demandent de faire leurs robes de mariée. C’est là qu’elle découvre l’univers du mariage et décide de faire du sur mesure à son nom.

L’image de la mariée est soit trop sophistiquée, soit trop bébé-ado, raconte Bérengère. Je voulais une autre image de la mariée ; je voulais qu’elle rit, bouffe, se marre vraiment le jour de son mariage.

Bérengère Cardera

Le plus intéressant dans son travail, c’est de rencontrer les mariées, de s’adapter à leur morphologie, à leur personne, leur proposer des choses sans les brusquer. Les yeux de Bérengère brillent. Je ne connais pas ces femmes et pourtant je rentre dans leur intimité. Elles me parlent de leur histoire d’amour. Jamais on ne se parle comme ça dans la vraie vie !

La confection d’une robe de mariée, c’est un gros travail, long et fastidieux mais très intimiste. Il y a d’une part la relation avec la mariée, le côté psychologique, d’analyse de la personne, de réconfort dans ses doutes à un tournant important dans son engagement avec l’homme qu’elle s’apprête à épouser. Et de l’autre, la création de la robe elle-même. Il y a les premiers rendez-vous, la phase de recherche puis de création, les toiles d’abord épinglées puis cousues, le choix des matières et enfin la version finale de la robe. Ce sont des robes qui évoluent tout au long de l’aventure avec la future mariée.

Bérengère crée tout un univers autour de l’ancien qu’elle affectionne. J’ai été élevée dans une brocante géante, dit-elle. Et ma formation de costumière m’a donné une culture mode historique. Pour l’inspiration, elle pioche dans les années 50, s’inspire des 18 et 19ème siècles. Il y a tellement de choses à revisiter, les techniques, les plis, les détails, les doublures.

Bérengère n’est pas inquiète par la baisse du nombre de mariages (il y a eu 305 000 mariages en 2002, 240 000 l’année dernière). Elle croit à l’inversion des tendances. Aujourd’hui, et sûrement à cause/grâce à la crise, les gens ont envie de revenir vers des valeurs traditionnelles d’engagements mais avec des nouveautés : les petits mariages ou mariages à l’américaine, des alternatives aux mariages mairie-église, église-mairie. D’où son image de robes de mariée pour filles vivantes, fantaisistes, enthousiastes, confiantes.

Pour le moment, le bouche à oreille fonctionne bien pour Bérengère et ses robes. Ses projets ? Pas de boutique, ça n’a jamais été son but. Mais elle rêve d’avoir un atelier, peut-être le partager avec son amie Anne-Sophie Coulot qui confectionne des chapeaux ? Mais pour le moment, elle espère attraper au vol les mariées retardataires pour cet été.

Pauline Guillonneau & Anne Deschamps

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Crédit photos : Benjamin Jaud
Mannequin : Marion Hatto

Styliste : Bérengère Cardera
www.berengerecardera.com
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Comments

  • Sylvie laporte

    Bonjour,
    Je suis à Montreal..
    Votre site est super avez vous une newsletter , si oui puis devenir abonnée
    Merci et bravo
    Sylvie

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