CINÉMA // La Philosofille par Léopold Kraus : grande découverte de Cabourg

Quand Léopold Kraus s’ennuie sur les bancs du lycée, il se fait des films au sens propre comme au figuré. Et de réaliser ni une ni deux un brillant premier court-métrage en autodidacte, en un seul acte. Nous avons rencontré Léopold au Festival du Film de Cabourg pour mieux comprendre ce grand motivé du 7e art.

 

Sur les bancs du lycée

Au Festival de Cabourg, on boit des coupes (de champagne), on discute de coupes (budgétaires), on fait des coupes (en montage) et on repart parfois avec une coupe : en l’occurrence un Swann d’Or. Encore épargné par toute cette effervescence, Léopold Kraus – tout juste bachelier – est venu présenter son premier court-métrage Grain de Poussière, film né sur les bancs de ses cours de philo auxquels il n’accordait ni attention, ni abstraction.

Mais finalement devenu surdoué du Nietzsche, Léo de 5 à 7 a bûché sur sa vision du grand maître qu’il souhaitait transposer et transporter à l’écran. 
Avec pour objectif d’offrir un nouvel angle de vision à cette « matière », la philosophie, mais de façon ludique, captivante et attirante. Les bons professeurs faisant les grands cours, Léo s’est intronisé scénariste et réalisateur pour fomenter le sien.
 Tâche d’encre d’autant plus ardue que le jeune passionné n’avait jamais suivi de cours de cinéma, ni d’un point de vue écriture, ni d’un point de vue réalisation.

 

La Philosofille, c’est la vie

Avec toutefois l’aide et la bienveillance de ses parents (tous deux pros de l’industrie) et après un avant-goût des plateaux en tant que figurant dans les films Ça Commence Par La Fin (2010) et Papa Lumière (2014), Léopold s’accroche à son projet. 

Surmotivé avec une bourse Beaumarchais-SACD et un KissKissBankBank ayant crevé le plafond, il tire son inspiration de ses longues heures à chercher à remplir sa vie, de philosophie et… de filles. 
Et pour lui, l’un va rarement sans l’autre.

Un coup de foudre qui attisera le feu de celui devenu son philosophe de référence créera toute l’énergie scripturale. Entre Lucien, élève de terminale endormi et l’inespérée Louise, un fossé générationnel voire rationnel se crée. Comment approcher et séduire l’âme sœur ? C’était sans compter prendre le messie pour une lanterne et inviter Nietzsche en personne à tendre l’arc dont la flèche transpercera le cœur de nos deux tourtereaux inhibés.

 

Qui ose se métamorphose en virtuose

Bien qu’encore teenager à l’époque du film, Léopold a tenu à ne surtout pas en faire un teen-movie mais un objet militant pour, entre autre, le « Osez Mais Tremblez ». 
Fort de son expérience et du fruit (défendu ?) de son travail, Léopold sert un film dynamique, attachant, respectant les fondamentaux de l’écriture et de la réalisation, se payant même une chute très cavalière.

La boucle est bouclée et Léopold est maintenant bien attaché dans le jet des scénaristes et réalisateurs qui promettent de l’expédier sur la une.

 Nous n’oublierons pas ses deux complices cinématographiques à savoir Marilyn Lima, vue dans Bang Gang et Théo Fernandez, très présent dans Trois souvenirs de ma Jeunesse.
 Une jeunesse qui se révèle et qui relève déjà du plus grand professionnalisme, sincère, juste et inspirateur. Léo est déjà haut, laissons-le nous emporter dans la maturité grandissante de sa vie, de ses frictions et de ses fictions.
Nicolas Nithart
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